mardi 1 juin 2010

Article 182.


Je vais renouer avec mes premières amours. Je parlerai pour ne rien dire. Si je vous dis que j'adore le mois de juin parce qu'il fait doux, qu'en pensez vous ? Et si je vous dis en plus, que j'adore que les jours soient longs ? Peut-être me risquerais-je à parler du soleil caressant ? Et flâner à une terrasse de café en regardant les gens passer, que diriez vous de cette licence poétique ? Toujours rien.

C'est normal, il n'y a rien à dire. Le mois de juin est le plus beau mois de l'année avec celui de janvier. J'adore les solstices. Serait-ce du à mon ascendance franque ? Ressentirais-je la magie millénaire de Wotan le grand dieu gris déchu dans mon sang ?

J'ai toujours adoré la mythologie. J'ai été ravie le jour où j'ai vu que mon prénom pouvait être assimilé à celui de la déesse celte Ana que l'on orthographie aussi Dana. J'aime assez imaginer qu'une autre Anna, lui eut-il manqué un n à son patronyme, ait pu être une déesse aussi importante pour les irlandais.

J'aime aussi songer que non loin de Killarney, dans la verte Erin, on puisse observer deux jolies collines rondes. Ces collines surnommées "les seins d'Ana", "dé chich Anann" en gaélique, montrent l'attachement que ces buveurs de Guiness portent encore à leurs divinités païennes.

J'aime avoir un prénom de déesse. Et j'aime le printemps.

samedi 22 mai 2010

Article numéro cent-quatre-vingt un.


Toutes les semaines je vais chez le coiffeur. J'en profite aussi pour me faire faire les ongles. Aujourd'hui, il fait vraiment très beau. Je suis satisfaite et non. Le soleil est agréable. On peut ressortir ses tenues légères. Tout semble léger. Et si je n'osais utiliser des poncifs, je dirais que la vie prend un air de vacances.

Toutefois, c'est en cette saison que je perds ma singularité. Moi j'aime la pluie et la fin de l'automne quand tout semble triste et terne. J'aime les trottoirs luisants de pluie. J'adore quand les gouttes se dessinent parallèles dans l'éclat blafard d'un réverbère.

Et puis le soleil est dangereux pour la peau. On ne compte plus les mélanomes apparus ces dernières années. Moi j'aime ma peau blanche et diaphane. Et si je m'accepte légèrement halée, je n'ai jamais trouvé qu'un bronzage appuyé donnait bonne mine. Rien de pire qu'une blonde possédant une peau marron tannée par le soleil.

En d'autres époques, tout cela était l'apanage des gens travaillant la terre. Soumis aux éléments, leur peau bronzait et vieillissait avant l'âge. On croisait ainsi des femmes encore jeunes devenues vieilles. Seuls leurs yeux trahissaient encore un nombre d'années de vie pas si élevé.

Les demoiselles de la bonne société avaient l'habitude de se promener sous des ombrelles. Je perpétue la tradition bien que je n'aie pas d'ombrelle. Les parasols et l'ombre des arbres sont mes amis du moment.

Le soleil est de sortie et je joue ma princesse. Je rivalise avec l'astre du jour. Il ne m'aura pas.

vendredi 21 mai 2010

180 !

Oui pour annoncer cet article j'utiliserai un nombre en chiffres et non en lettres. Tout cela pour vous dire que Wikio me dit que mon blog est classé 28217 ème. La photo n'a évidemment rien à voir avec cette nouvelle fracassante. Je l'ai juste trouvée amusante.

Les sandales sont classiques mais ce qui m'a plu, c'est la jupe que porte cette femme. On la croirait toute droit sortie d'une boutique Rodier ou Marcelle Griffon. Que sont ces marques devenues ?

Fut un temps ou la femme mariée et devenue mère prenait conscience du changement de son statut. Certes elle se voulait encore élégante mais comprenait que sa séduction devait s'assagir. En ces temps anciens, seule une femme de mauvaise vie aurait continué à s'habiller comme une "jeunette".

Le marketing soucieux de répondre à cette demande de respectabilité offrait alors à ces femmes des vêtements adaptés et plus classiques. Puis, la mode de la jeunesse éternelle balaya ce savoir-vivre et envoya a bienséance voir ailleurs si elle y était.

On expliqua alors que certains vêtements faisaient "dame". C'était l'ultime pied de nez aux convenances. Les mères voulurent ressembler à leurs filles. On vit fleurir sur les murs parisiens l'odieuse campagne de presse d'une marque de prêt à porter. On y présentait la mère et la fille vêtues de manière quasi identiques de vêtements de coton. On imagina qu'en voulant autant se ressembler, elles devenaient les meilleures amies de la terre. Et j'assistai impavide à un défilé de vieilles coquettes ridiculement accoutrées de chiffons et autres fripes.

Un jour viendra où j'aurai l'âge de porter du Rodier. Je voudrai me souvenir que lorsque j'étais adolescente je trouvais parfois les mères de mes amies bien plus jolies qu'elles.

mardi 18 mai 2010

Cent-soixante-dix septième message et suivants !


Je publie cet article pour ne rien dire. Ayant pris l'habitude de numéroter mes billets, j'en avais assez d'écrire cent-soixante-dix et ainsi de suite. Sachez donc que ce billet vaudra trois billets ce qui me permettra d'intituler le prochain "cent-quatre-vingtième article". C'est plus facile à écrire. Et je crois être la première à publier un message qui vaille pour trois. Je crois aussi innover en faisant trois articles en un pour ne rien dire du tout.

Je m'en veux. Je sais que certains seront venus me lire. Faire tant d'efforts pour un message aussi peu digne d'intérêt est frustrant. Que pourrais-je vous pour que vous ne soyez pas venus pour rien ?

Je n'en sais fichtrement rien. Ma vie s'écoule plate et monotone comme la Meurthe. Puisque je vous parle de la Meurthe, la rivière qui arrose Nancy (mais de loin), autant parler de la Lorraine. Tout le monde sait que la Lorraine est un duché.

C'est faux. On ne devrait jamais écrire Duché de Lorraine mais Duchés de Lorraine. Parce que telle qu'elle existe actuellement, la Lorraine est constituée de deux duchés : le duché de Lorraine éponyme et le duché de Bar.

A l'origine la Lorraine était composé de trois duchés mais le duché du Luxembourg forme aujourd'hui un pays indépendant. Voilà, je retombe sur mes jolis pieds. Trois articles en un, trois duchés en une région. Je savais que ma démarche avait un sens.

Un autre jour, que je n'aurai rien d'autre à dire, je vous parlerai de a principauté de Salm que personne ne connait. Ceux qui sauront ce que représente l'illustration de l'article gagnent un baiser virtuel sur le bout de leur nez.

Cent-soixante-seizième message :)


Je lisais des blogs et j'ai vu que certains étaient "linkés". Manifestement le "linkage" consiste à associer un rédacteur de blog à une chaîne traitant d'un sujet donné. Bref, quand vous êtes linké, on vous adresse un lien dans lequel on vous demande votre avis !

Hélas pour moi, personne ne m'a jamais linkée. Est-ce du au fait que je me fais trop rare ici ? Ou simplement serait-ce du à l'idée que se font les gens en lisant mes babils ?

Pourtant, j'avoue que j'aurais adoré être linkée. J'aurais aimé me dire que je compte. J'aurais aimé qu'une âme charitable se dise que l'on peut me donner la parole. Je voudrais que l'on me demande mon avis ! Peu importe le sujet ! Politique, société, cuisine, j'ai juste envie de m'exprimer moi aussi. De me dire que dans la communauté des blogueurs, les petites blondes stupides ont aussi un rôle à jouer. Puisque "link" signifie "lien", je crois que moi aussi j'ai envie d'être liée.

De grâce, linkez-moi, liez-moi, attachez-moi, enchainez-moi !

dimanche 16 mai 2010

Cent-soixante-quinzième message !


Parce que je suis petite, menue, très blanche de peau et blonde de surcroit, on me voudrait fragile et presque chlorotique. Je ne le suis pas. Je suis au contraire quelqu'un de résistant. Je dors très peu. Après quatre ou cinq heures passées dans les bras de Morphée, je m'éveille fraîche et dispose. En revanche, s'il est un lieu que j'adore, c'est bien ma chambre et mon lit. Qu'il s'agisse de lire, ou même de vous écrire ce misérable billet, c'est affalée sur mes oreillers que je me sens le mieux. Je n'utilise pratiquement pas le salon de mon appartement si ce n'est pour recevoir. A peine entrée chez moi, je me déchausse, je me prépare un café sur ma magnifique Nespresso et je cours m'étendre sur mon lit.

Mais, arrêtons là, je ne voudrais pas que vous ayez une mauvaise image de moi. Je sais trop ce que l'idée d'une fille passant sa vie dans son lit peut éveiller chez les personnes mal intentionnées. Je parlais de ma résistance physique que contredit mon apparence fragile.

Vous aurez noté que je suis souvent pieds nus. Parfois on me demande si je n'ai pas froid. Et non, je ne suis pas frileuse non plus. Je ne suis jamais malade. Je suis décidément robuste. Parfois des gens qui pensent qu'on devrait avoir les qualités et les défauts que son apparence laissent imaginer sont déçus.

On voudrait me traiter en poupée. On voudrait faire de moi une Barbie à surprotéger et mon caractère est aussi masculin que ma mise est féminine. J'ai subi de nombreuses déconvenues de ce fait. On m'espère dans un rôle que je ne suis pas à même de tenir. Certes, je peux minauder et jouer les coquettes, voire les blondes évanescentes mais ce n'est pas ma personnalité. La soumission n'est pas la qualité qui prédomine dans ma personnalité.

Souvent, les gens s'étonnent de me savoir si dure et robuste et me demandent les raisons de mon caractère et de ma constitution. On voudrait imaginer que j'ai pu connaitre des traumatismes qui m'aurait endurcie. Oui, même après que j'aie prouvé que je n'avais rien d'une poupée éthérée, on veut encore faire de moi un personnage digne d'un roman du marquis Xavier de Montépin.

Alors les gens ne comprennent pas. Je leur dis simplement que je suis lorraine. Je suis originaire de cet Est que personne n'aime et que l'on compare si souvent à la Sibérie. Je suis d'origine franque, une sorte de princesse barbare installée à Paris.

Le froid, la pluie et le travail ne m'ont jamais fait peur. Les jolies choses ne sont pas toujours fragiles pourvu qu'elles aient été bien conçues.

vendredi 14 mai 2010

Cent-soixante-quatorzième message


Voici déjà quinze jours que je ne suis pas venue ici. Et pourtant je l'aime bien mon petit blog. Autant, je ne suis pas friande de réseaux sociaux, autant j'apprécie d'écrire ici, fut-ce pour ne rien dire.

Qu'il s'agisse de Facebook ou bien de Twitter, aucun de ces médias ne trouvera jamais grâce à mes yeux. Sans doute que je les trouve trop colorés et vulgaires. Et puis, même si mes billets sont habituellement courts, ces médias ne sauraient accueillir convenablement la totalité de mes pensées.

De plus, si je me reconnais quelques traits histrioniques, ceux-ci ont besoin de place pour donner toute leur mesure. Je ne serai jamais de celles qui séduiront en publiant une simple photographie vulgaire accompagnée d'un commentaire sommaire. Non, belle je le suis et je le sais, j'ai besoin de plaire pour autre chose.

Jamais je n'oserais prétendre plaire pour mon intelligence, je sais que cela ne charme pas. Et puis, je me sais trop limitée pour prétendre à la moindre intelligence. Du moins, oserais-je aimer prouver que je possède quelque esprit. Que serait une jolie fleur qui en plus n'exhalerait pas quelque suave parfum ?

Alors, je garde mon blog. Aussi sérieuse puis-je être, il me plait de songer que je possède quelques rares lecteurs fidèles. On dit des jeunes femmes qu'elles sont portées sur l'imagination et je ne fais pas exception. Alors aussi stupide que cela semble, j'aime imaginer que quelques inconnus, seront avertis dès la publication de ce modeste billet et viendront me lire.

Qu'ai-je à vous dire en ce jour ? Rien de spécial. Le temps est abject. Et s'il ne me permettait pas de me moquer des prévisions catastrophistes de nos amis écologistes, je crois que j'aurais pris un avion pour me rendre sous des cieux plus cléments. Je pense que serais allée à Rome. J'aime beaucoup Rome. C'est une jolie ville. Les italiens sont élégants et charmants. Comme je n'aime pas voyager seule, je pense que j'aurais emmené une amie. Je sais même avec qui je serais partie.

Mais je suis restée à Paris. Il fait froid. J'ai ressorti mon manteau d'hiver et il s'en est fallu de peu que je ne remette des chaussures fermées.

Autant vous dire qu'aujourd'hui, je n'avais rien à dire. Ce n'était pas une raison suffisante pour ne rien dire.

mercredi 28 avril 2010

Cent-soixante-treizième message :)


J'avais une rivière sur laquelle s'égrenaient des ponts basculants incongrus, un immense lac aux eaux paisibles, des livres et du calme.

Distraitement, je regardais les nouvelles qui me parvenaient de l'autre côté de l'Océan. Là-bas tout le monde s'affolait. L'éruption d'un volcan au nom imprononçable menaçait de ruine un continent. Des flottes entières d'avions étaient clouées au sol par la faute de minuscules particules. Des touristes, de ceux qui vous vantent sans cesse les bienfaits du voyage et de la découverte de l'autre, aventuriers au petit pied, angoissaient à l'idée de rester bloqués quelques jours dans des destinations qu'ils avaient pourtant choisies. Je contemplais cette agitation en prenant soin de ne pas être contaminée.

Moi, j'avais une rivière sur laquelle s'égrenaient des ponts basculants incongrus, un immense lac aux eaux paisibles, des livres et du calme...

vendredi 9 avril 2010

Cent-soixante-douzième message !


L'espace d'un moment que je situerai entre neuf et onze heures, Paris cesse d'être une ville ennuyeuse. Pourvu que le temps soit beau, elle sait offrir quelques charmes en proposant des terrasses.

Depuis deux ou trois jours, l'hiver a pris fin. Les plus hardies portent des sandales, tandis que les moins courageuses sont encore en bottes et écharpes. Si le temps se maintient, on verra sortir les premières jupes. Pour les hommes, c'est beaucoup plus simple : rien en change, ils ôtent juste une couche de vêtement et les voilà prêts pour le printemps.

Assise en terrasse tandis que les autres travaillent, je regarde les gens passer. Je ne pense à rien. Je ne sais pas où ma vie me conduira. Je me dis que j'ai le temps. Hier encore, on m'a dit que je faisais au moins sept ou huit ans de moins que mon âge.

Je réfléchirai à des choses sérieuses dans six ou sept ans, quand j'aurai vraiment l'impression d'avoir l'âge que j'ai aujourd'hui. Discrètement, je sors un poudrier et je regarde le coin de mes yeux dans le petit miroir. Je suis toujours surprise de mon air juvénile. Aucune patte d'oie ou même plus petite ride ne vient altérer mon visage.

Je suis jeune, je ne pense à rien. Aucune pensée parasite ne viendra mettre à mal ma cervelle d'oiseau. Je regarde juste les gens passer. Je suis bien. Miroir mon beau miroir ...

lundi 5 avril 2010

Cent-soixante-et-onzième message !


Entre deux déplacements, je viens ici pour vous souhaiter de joyeuses Pâques. Le responsable de ce blog, ne m'en voudra certainement pas de lui avoir soustrait frauduleusement ce montage afin d'illustrer mon mince article.

Que vous dire de plus ? Je n'en sais rien. J'étais loin de la France et elle me manquait. A vrai dire, ce qui me manquait c'était une France totalement fantasmée. J'ai eu des réminiscences de petites brasseries enfumées, de bar en zinc, de petits noirs avalés rapidement le matin.

Et puis, je me suis souvenue que tout cela n'était plus. Ne sont restées en moi que des images de quartiers déserts aux cafés vides dès vingt et une heures, des impressions de personnes vulgaires et querelleuses, des souvenirs d'une belle ville figée et ennuyeuse encombrée de couloirs de bus et de pistes cyclables.

Comme la mélancolie m'envahissait, j'ai fait le point, comme on le ferait en photographie. J'ai d'abord fait le vide en moi. Puis, je me suis imaginée assise à mon bureau. A droite, j'apercevais le dôme des Invalides tandis qu'à gauche, je distinguais le sommet de la Tour Eiffel.

Une fois campé ce décor immuable que je connais si bien, j'ai peuplé les rues de gens aimables qui me ressemblaient. Certains marchaient, ou s'arrêtaient pour parler tandis que d'autres étaient assis aux terrasses des cafés. Dans la rue et sur l'avenue, passaient en trombe des voitures.

C'était la vie, la vraie, celle d'avant. J'ai songé à tout cela et j'étais bien. Une fois la scène parfaitement à mon goût, j'ai déclenché l'appareil photo. Puis la photographie étant prise, j'ai pris soin d'inscrire en bas, en tout petit "libre interprétation de l'artiste".

mercredi 24 mars 2010

Cent-soixante-dixième message ...


Les élections ont eu lieu. J'ai pu me rendre compte que la bêtise des blondes était très largement usurpée. Depuis quelques années des blagues stupides nous font passer pour des idiotes accomplies. Pourtant, c'est faux : je viens d'en avoir la preuve.

Dimanche dernier, j'ai assisté à la retransmission de la soirée électorale en compagnie d'amis. J'étais amusée de les voir se passionner pour aussi peu de choses. Distraitement je regardais des politiciens se déchirer. Je les trouvais aussi affreux et vulgaires que deux accordéonistes roms qui en viendraient aux mains pour monter en premier dans un wagon de métro mendier. Immodestie des vainqueurs, mesquinerie des vaincus, la palette des sentiments les plus ignobles s'affichait sur le petit écran.

Constatant leur défaite mes amis me demandèrent alors pour qui j'avais voté. Je répondis que je n'avais pas voté. Et ce fut l'hallali ! Bientôt en plus de me reprocher de ne pas être une bonne citoyenne, on fit de moi le bouc émissaire de la défaite, la représentante des abstentionnistes. Moi petite blonde supposée idiote, j'étais l'espace d'une soirée la responsable de la déroute.

Oui, un simple battement d'aile d'un petit papillon peut manifestement déclencher une tornade à l'autre bout du monde.

mercredi 17 mars 2010

Cent-soixante-neuvième message !


Je ne suis pas allée voter. Je fais partie de ces cinquante quatre pour cent de personnes qui ont décliné l'invitation de la République. Je m'étais promis de ne plus jamais aller voter et j'ai tenu parole.

De plus, j'avoue que des élections régionales n'étaient pas un enjeux propre à me sortir de ma quiétude. J'ai lu que la région possédait bien peu de prérogatives. Or voici longtemps que j'ai quitté le lycée et je ne prends plus les transports en commun. Cette guerre pichrocoline ne me concerne décidément pas du tout.

En revanche, il m'aura fallu affronter les discours moralisateurs de mes proches et de mes amis. La plupart m'ont expliqué qu'avoir le droit de vote était un bienfait et que ne pas l'employer était très immature et irrespectueux. Certains ont alors poursuivi le discours en me parlant de contrées lointaines où la démocratie et ses bienfaits n'étaient pas encore parvenus. J'avais l'impression d'être une petite fille difficile refusant de manger un met que de pauvres petits affamés m'enviaient. La culpabilité est un ressort puissant.

J'ai tenu bon. J'ai écouté en souriant et les gens se sont lassés. Après tout, cette histoire de pauvres gens qui auraient été sauvés de l'oppresseur par la démocratie n'est pas la mienne. A l'un de ces prêcheurs, j'ai du expliquer que compte-tenu de mon nom et de son histoire, nous avions connu bien mieux qu'un simple droit de vote.

En plus d'être plutôt inutile, ce dont je m'aperçois depuis peu, j'ai toujours soupçonné le vote d'être une pratique vulgaire. Je ne vois pas a différence entre subir son opresseur ou le choisir. Il me semble cependant que dans la seconde solution, il y ait quelque chose d'un peu stupide.

mercredi 10 février 2010

Cent-soixante-huitième message ...


Comme le temps passe. Dans trente deux messages, voici que j'en aurai écrit deux cents ! Deux cents messages pour ne rien dire ou presque, c'est une gageure. Quand je vois le nombre de personnes qui pensent que leur avis intéresse les autres, je suis ravie d'avoir pris un chemin de traverse consistant à écrire pour ne rien dire.

Lorsque j'étais jeune j'avais vu par le plus grand des hasards le film "Madame de" inspiré du roman éponyme de Louise de Vilmorin et j'avais été transportée par la légèreté et l'élégance du propos bien que le sujet soit des plus sérieux.

J'avais saisi qu'une créature aussi légère et écervelée que moi pouvait aussi avoir son mot à dire pour ne rien dire. Que ma légèreté, mon charme et ma nature affable me serviraient de passeport pour réussir dans le monde.

Las, je n'ai jamais eu le moindre talent littéraire. Dieu merci, lui qui vient en aide et protège aussi les petites blondes comme moi, m'envoya l'Internet à mon secours.

C'est ainsi qu'à défaut d'être Madame de, je puis aujourd'hui être Mademoiselle de, et me régaler de mes babillages sur mon cher blog.

Encore trente-huit messages pour ne surtout rien dire et je rédigerai le deux-centième. Dieu que tout cela m'enchante.

vendredi 5 février 2010

Cent-soixante-septième message !


Tout à l'heure, j'ai regardé les informations nationales à la télévision. A midi, étant arrivée en avance à un rendez vous, j'ai lu un quotidien. Quel effroi. Moi qui me targue de me tenir à l'abri du monde dans mon monde paisible, j'ai pris un shoot de réalité.

Je vous avoue que les nouvelles du monde m'indiffèrent un peu. Non que je sois inhumaine mais plutôt que je sache bien que par le monde, comme chez nous, on meurt tragiquement, on est malade et la nature fait parfois de gros caprices.

Ce sont les nouvelles de France qui m'ont affligée. Je ne méconnais pas notre situation puisque je travaille. Toutefois la technique que j'emploie au travers de ma profession, me permet-elle d'interposer un filtre entre moi et cette odieuse réalité. Je fais ce que je peux. Je remplis mon "obligation de moyens" comme diraient nos amis juristes puis le sentiment du devoir accompli, je cours m'enfermer dans ma thébaïde.

Là, j'ai eu l'impression de prendre une gifle en plein visage. Ce qui m'est odieux puisque j'ai un très joli visage que je ne souhaite pas abimer et que je déteste être malmenée. Je lisais les articles économiques, politiques et sociétaux et je sentais une vague sombre m'envahir. Eussè-je été une de ces hystériques chères aux romanciers du XIXème siècle, que je me serais levée, les poings fermés contre ma jolie bouche pour m'écrier : Quoi donc ? Le monde est-il aussi dur que cela ?"

Une pensée m'est venue et s'est imposée de toute sa force : la France est un pays damné, la France ne s'en sortira pas. Parfois je deviens mystique. Il parait d'ailleurs que la plupart des voyantes sont nées comme moi sous le signe du cancer !

lundi 25 janvier 2010

Cent-soixante-septième message !


Il fait froid et les gens se plaignent ai-je lu dans un quotidien qui trainait. Je l'entends aussi souvent de la bouche même de ces mêmes idiots qui redoutent le réchauffement climatique. J'ai de la chance de ne jamais souffrir du froid. J'ai beau être petite et menue, ce que d'aucuns appelleraient une "crevette", je n'ai pas peur du froid. Puisque la mode est à l'ethnicisme exacerbé, je dois confesser que je possède des origines franques.

Que la température tombe, la neige advienne et que chute la neige, et cela me ravit. Couche-tard par nature, j'ai été ravie de voir la neige tomber nuitamment. Contempler ces doux et légers flocons virevolter dans la nuit tout juste nimbée de la lumière des réverbères était un enchantement. Je me suis prise à rester près d'une heure, rêveuse et pensive à ma fenêtre.

Le soleil, la chaleur et la végétation tropicales sont à mon sens des choses survalorisées. J'ai toujours une sorte de pitié pour ces banlieusards qui s'évertuent à faire pousser qui un bananier ridicule, qui un palmier grotesque dans leurs jardins.

Rien ne vaudra jamais Paris sous une fine pellicule neigeuse. Le matin, quand les habitants hébétés contemplent la surprise que la nature leur a faite dans la nuit, que les transports en commun hoquètent de surprise, moi je marche, le bruit de mes talons amortis par ce doux tapis blanc.

Cette année, c'est vraiment agréable d'être franque. A l'endroit d'où je viens, on ne joue pas de blues, on ne sort pas le soir "à la fraiche" pour jouer aux cartes, mais on sait apprécier une promenade dans le froid sec et on ne redoute pas la nature.

jeudi 21 janvier 2010

Cent-soixante-sixième message !


Si je ne pense pas à lui, qui y pensera. Je n'ai jamais été une vraie monarchiste. Les "roycos" m'ennuient généralement. Arc-boutés dans un passéisme doloriste, ils m'ennuient. Ils n'ont jamais rien compris à l'aristocratie. Tandis qu'ils préfèrent celle du dix-huitième siècle qui se pavanait en frou-frous et dentelles, je garde ma tendresse pour celle des origines.

Plus qu'un petit marquis, je préférerais toujours le courage farouche du guerrier analphabète ayant réussi à s'élever au dessus de la mêlée par son adresse à la masse d'arme ou à la flamberge. Je louerai toujours plus le courage viril que l'adresse politique et les intrigues de couloirs.

Voilà pourquoi, je n'honorerai de ma présence aucun groupuscule royaliste. Voici pourquoi, aujourd'hui 21 janvier, jour funeste entre tous, je pense à notre bienaimé roi Louis le seizième.

Puisse son âme reposer en paix. Puissiez-vous lire ce document.

mardi 12 janvier 2010

Cent-soixante-cinquième message !


La seconde chose qui me soit arrivée est encore plus étonnante ! Imaginez-vous qu'un godelureau s'est mis en tête que je pourrais avoir des velléités politiques. Le pauvre, guère psychologue pour deux sous, aura sans doute imaginé que j'avais des sentiments républicains et démocrates. Aussi s'était-il mis en tête de me convaincre de figurer sur la liste d'un parti pour les élections régionales.

Les arguments qu'il me fit valoir étaient d'une rare médiocrité. C'est ainsi qu'il tenta tout d'abord de m'intéresser à l'avenir de l'Ile de France. Sachant que je quitte rarement les premier, cinquième, sixième et septième arrondissements, il aurait pu aussi bien me parler d'Afrique ou du Tibet. Il m'entretint ensuite des transports publics que je prends rarement. Je ne voudrais pas passer pour une atroce parvenue mais l'étoile qui trône sur le bout de mon capot m'a suffisamment coûté cher pour que je me dispense d'utiliser les moyens de la RATP. J'ai de justesse échappé au coût de la baguette de pain mais je crois savoir que la région ne s'en occupe pas.

Puis vint enfin le cœur du problème puisqu'il m'expliqua que ma condition de femme l'intéressait. Il est vrai que depuis ces lois stupides portant sur la parité, les mâles avides de conquêtes électorales sont à la chasse d'éléments féminins. C'est vraiment tout ce que je déteste.

Car si je n'ai aucune haine pour mon propre sexe, j'avoue me montrer généralement assez masculine dans mes réactions. Je ne pense pas que mon avenir ait nécessité l'intervention du législateur. Je me suis toujours mieux entendue avec les hommes et je crois que ce pseudo féministe consistant à m'enfermer dans ma condition de femme, avec pour corollaire une forme de discrimination positive, est la pire insulte qu'on puisse me faire.

Il va sans dire, que je n'ai pas donné suite aux propositions de l'importun. Bien que francilienne par mon lieux de résidence, je reste Lorraine de cœur. Enfin ayant décidé de ne plus jamais voter, je n'allais pas jouer la comédie des élections.

lundi 11 janvier 2010

Cent-soixante-quatrième message !


Voici quelques temps que je n'étais pas venue. Mais il m'est arrivé de drôles de choses, aussi fallait-il que je vous les raconte.

Tout d'abord, tandis que je prenais un café sur la terrasse chauffée de ma brasserie favorite, un homme m'a souri. Et lorsque je parle de sourire, je vous parle du sourire carnassier de l'homme qui a jeté son dévolu sur vous et non d'un sourire timide ou de simple convenance. J'ai clairement vu dans son regard que je lui plaisais. L'espace d'un moment, mon système limbique a saisi le message envoyé par un mâle de l'espèce : il me voulait moi.

Jusque là, rien de vraiment intéressant vous en conviendrez. Je suis suffisamment jolie pour que ce genre de choses m'arrivent souvent ou du moins me soient arrivé suffisamment souvent pour ne pas m'en étonner. Tandis qu'au Louvre, on se précipite vers le sourire énigmatique de la Joconde, dans le septième arrondissement, on se presse pour admirer mon sourire étincelant.

Mon étonnement vient du fait que l'homme en question était un cycliste. Rassurez-vous, il s'agissait d'un cycliste dument cravaté et costumé et non d'un ersatz de coureur du Tour de France. J'ai toutefois été ébahie par tant d'outrecuidance.

Moi que mes rêves de princesse me portent à espérer quelque galant au volant d'une Delahaye vrombissante et luisante de chromes, voici que je n'intéresse plus qu'un cycliste. Triste époque.

Je n'ai daigné ni le regarder ni même lui rendre son sourire. Pour qui se prenait-il ? J'appartiens à une autre époque. Ni smartphone dernier cri, ni cycle ultraléger ne feront jamais battre mon cœur.

vendredi 1 janvier 2010

Cent-soixante-troisième message !


Oui, comptez bien, je ne me suis pas trompée c'est bien le message numéro cent soixante trois. C'est un message sibyllin dans lequel je me bornerai à vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2010. Ne sachant quelle illustration choisir, je n'en mettrai pas.

Et puis si, je vais en mettre une. En cherchant sur Google, j'ai trouvé cette magnifique carte de vœux aussi traditionnelle que kitsh. Elle ressemble en tous points à celles que j'achète à l'association des paralysés de France ou l'Unicef pour adresser mes vœux.

La nouvelle année venue, j'aime assez me montrer "solidaire" en fuyant le petit commerçant cupide au profit d'une association à but non lucratif.

jeudi 24 décembre 2009

Joyeux Noël !


Cette fois-ci, je mets un titre à mon article afin de vous souhaiter à tous un joyeux Noël. Combien liront ce message ; un, trois, cinq, douze ou cinquante peut-être ? Peu importe votre nombre.

Peu avant d'aller réveillonner, j'ai discuté sur internet avec quelqu'un que je connais un peu. Tandis que je lui demandais si elle allait passer Noël en famille, elle me répondit qu'elle serait seule ce soir et demain, vingt-cinq décembre. Elle poursuivit en me disant qu'elle n'avait pas de famille.

Elle m'expliqua aussitôt, comme pour se faire pardonner sa solitude, qu'elle aurait du passer ce Noël chez des amis dans le sud de la France. Avant de rajouter que malheureusement, ces amis dont elle est la marraine de la petite fille, n'avait pu la recevoir.

Car compte-tenu de leur abonnement EDF, ce jour de Noël tombait un "jour rouge" ce qui aurait entraîné un surcoût dans la mesure où il aurait fallu faire marcher le four pour cuisiner et chauffer la chambre destinée à la recevoir. J'ai été abasourdie par tant d'avarice.

Je crois avoir connu des gens seuls à Noël pour des raisons diverses, la plus commune étant l'absence de famille. Mais, c'est bien la première fois que j'entends invoquer les tarifs EDF pour laisser quelqu'un seul chez soi en ce jour sacré.

Il n'y a guère que le fouet pour corriger de tels ladres.

mardi 17 novembre 2009

Cent-soixante-et-unième message !


Je n'ai strictement rien à dire. Vraiment rien ! Je suis désespérément vide. J'ai ouvert mon blog pour le regarder. J'ai immédiatement été atterrée. J'ai imaginé un nouveau lecteur débarquant chez moi. La photo qui s'affichait était celle du message précédent. Il s'agit d'une photo d'une violence et d'une laideur inouïes.

Il était hors de question que je puisse laisser une telle horreur pour accueillir les visiteurs sur mon blog. Cela n'aurait pas été correct. Je me faisais l'effet d'une piètre hôtesse. Un peu comme si je recevais des gens chez moi en laissant trainer un monceau d'ordures dans mon entrée !

Vite, faisons disparaitre ces horreurs. Que puis-je écrire ? Rien du tout puisque je n'étais pas venue pour cela. Il ne me reste donc qu'à publier une photo. Oui soit, mais laquelle choisir ? Une œuvre d'art ? C'eut été joli mais un peu mièvre. Je ne tiens pas à me caricaturer plus que de raison. On peut être une petite blonde passablement idiote sans pour autant se pâmer devant les mignardises d'un Fragonard.

Oui mais alors quoi ? Que mettre pour illustrer cet article ? Cédant devant ma paresse habituelle, j'ai opté pour une photographie consensuelle et devenue courante sur mon blog : une paire de chaussures.

Tenez, puisque vous êtes venus ici. Ne repartez pas sans avoir acquis une information capitale. Ne vous dites surtout pas que vous m'avez lue pour rien. Alors, sachez que j'ai passé quelques heures à compter mes paires de chaussures.

J'en possède trois-cent-soixante sept paires. Nantis de cette information capitale, vous pouvez maintenant vaquer à vos occupations.

lundi 16 novembre 2009

Cent-soixantième article !


On ose dire que le septième arrondissement est un quartier morne et triste qui ne serait peuplé que de rombières et de catholiques traditionalistes. La légende dit aussi qu'on y croiserait d'odieuses petites blondes hautaines et aisées.

Tout ceci n'est plus vrai ! Nous sommes aussi entrés dans la modernité. Ceux qui imaginaient que la présence de tant de ministères et d'ambassades nous mettaient à l'abri de la violence en seront pour leurs frais. Le Champ-de-Mars n'était déjà plus un havre de paix. C'est au tour de la place de l'École militaire de devenir un champ de bataille.

Tout le monde connait l'histoire aussi n'en parlerai-je pas. De toute manière, ce jour là j'étais absente de Paris. Je n'ai rien vu et n'ai pas eu à souffrir de ces débordements. Tout au plus ai-je eu à déplorer que ma terrasse préférée ait été quelque peu bousculée. Toutefois, les cafetiers gérant mieux leurs affaires que l'État les siennes, dès le lendemain tout était en place.

Je me demande juste ce qu'ont pu penser les galonnés qui auront regardé la scène d'émeute des fenêtres de l'École militaire ? Il n'est sans doute pas toujours facile d'être un héros.

Si j'admire l'énorme travail de modernisation de nos institutions mené par Napoléon Ier, je ne suis pas une grande admiratrice de l'Empereur. Il me semble qu'il lui aura toujours manqué une vraie légitimité. Toutefois, je ne puis que saluer le courage du jeune Bonaparte qui sut faire tonner le canon le 5 octobre 1795 face aux insurgés. A Barras qui lui demandait de remettre de l'ordre sans tarder, ce tout jeune général de 26 ans répliqua :

«Général, j'accepte. Mais je vous préviens que l'épée hors du fourreau, je ne l'y remettrai qu'après avoir rétabli l'ordre».

Pourquoi compare-t-on toujours notre président à Napoléon Bonaparte ?

mercredi 11 novembre 2009

Message cent-cinquante-neuf.


Cette fois-ci je serai sérieuse. Est-ce parce que je suis lorraine que la première guerre mondiale me fascine autant ? Ou alors serait-ce parce que très jeune, on m'avait déjà emmenée sur les champs de bataille ? Après 1930, le monde ne me passionne plus beaucoup. Alors en ce jour de commémoration, j'ai une pensée pour tous ceux qui sont tombés durant cette Grande guerre.

Verdun, le Chemin des dames, les Eparges, etc., aucun ne m'aura été épargné. Et je dois dire que par la suite, je ne m'en serai épargné aucun. Je ne possède pas un grand savoir sur le sujet. Je me suis contentée de lire les excellents romans de Pierre Miquel. Littérature historique à laquelle j'ai rajouté différents auteurs racontant leur guerre.

J'adore les cimetières militaires. J'y suis souvent allée. Et comme j'aime la littérature, je suis allée voir les tombes de certains de nos auteurs tombés au champ d'honneur. J'ai aimé faire ce petit pélerinage à Saint-Rémy-La-Calonne pour me recueillir sur la tombe d'Alain Fournier. Il faut dire que j'avais adoré Le grand Meaulnes.

J'ose rajouter qu'en érigeant une porte de Brandebourg gonflable rue Royale deux jours avant ce jour de deuil, le gouvernement a fait preuve de son habituel mauvais goût mais aussi d'une indicible cuistrerie.

mardi 10 novembre 2009

158 ...


Voici deux jours, je disais que je ne savais rien de l'actualité. Ce n'est pas tout à fait vrai. Je ne vis pas en recluse et les gens me parlent. Et parfois, je les entends parler entre eux. On ne peut être ermite en vivant dans Paris et en ayant une activité sociale.

J'ai donc un peu suivi les polémiques concernant messieurs Hortefeux, Polanksi et Mitterand. Cela m'a amusée à vrai dire. Pourtant, je n'attache pas beaucoup d'importance aux faits et gestes de ces personnages. Je trouve que les trois rendent hommage à ma croyance selon laquelle existerait une sorte de justice immanente.

Le premier est l'arroseur arrosé. Traquant partout le racisme, le voici qui se fait prendre la main dans le sac pour des propos que notre époque juge inacceptables. C'est vraiment trop drôle. Ses dénégations et ses piètres excuses étaient pathétiques. Je me demandais juste ce qu'il avait retiré de son expérience ?

Le second nous prouve que dans certains pays, le fait d'être connu et même reconnu ne suffit pas à vous faire échapper à la justice implacable. On pourra penser que juger des faits vieux de trente ans est inacceptables. Moi je n'ai pas d'avis sur cette question. Je souris juste en songeant à notre état qui d'un côté traque les pédophiles sur internet mais se récrie quand l'un d'eux est poursuivi. La société policière et policée touche enfin ses limites. Et la quadrature du cercle n'existe pas. Le système qui poursuit monsieur Dupont ne met plus à l'abri monsieur Polanski.

Le troisième est encore plus drôle. Le voici qui écrit complaisamment ses turpitudes quand il est auteur mais les dénie vigoureusement une fois sous les ors des ministères. Décidément les vrais auteurs passés, ceux qui sentaient le souffre, avaient plus d'honneur dans le déshonneur. Tout le monde n'est pas Sade ou Bataille.

Vous constaterez que mes réflexions ne vont pas très loin. Je n'exprime rien de vraiment original. Je m'extasie simplement face à la puissance de l'Internet. Je crois que secrètement, j'adore voir ces faux-puissants vaciller puis sombrer dans la fange ou le ridicule.

Serais-je une révolutionnaire ?

dimanche 8 novembre 2009

157 :(


Avez vous noté le titre surprenant de ce petit message ? Oui, il s'agit du "157", c'est à dire du cent-cinquante-septième message. Ce titre concis ne surprendra pas mes lecteurs survivants. Ceux qui ont espéré depuis juillet que je vienne écrire sur mon cher blog sont habitués à cette morne numérotation.

Mais cette fois-ci, j'ai fait suivre ce titre de ce que l'on nomme un "smiley". C'est à dire un petit symbole sensé décrire mon état d'esprit. Les deux points sont les yeux tandis que la parenthèse figure la bouche. Ce smiley ":(" signifie que je suis triste. Rassurez-vous, ce n'est pas tout à fait vrai. Je ne suis pas triste réellement. Je me sens juste coupable d'avoir abandonné mon blog durant ces longs mois.

L'été est passé si vite. Non que j'adore cette saison et qu'il suffit que le soleil resplendisse pour que j'oublie tout. L'an dernier à la même époque, je vous expliquais que j'adorais la fin de l'automne. Si la fin du mois de septembre et tout le mois d'octobre m'ennuient, novembre m'enchante avec sa pluie fine et le froid qui revient. Mais je crois vous avoir déjà parlé des longues avenues vides dont les trottoirs luisants de pluie renvoient la clarté blafarde des réverbères. Les rues vides et tristes me plaisent. Les terrasses presque désertées où je peux lire en fumant m'enchantent. J'ai la chance de ne pas être frileuse.

Enfin, me voici revenue sur mon blog que je n'ai pas oublié. Qu'écrire, que dire ici ? Pour le moment rien ou plutôt tellement de choses que je ne sais comment commencer. L'actualité fut féconde et moi si retirée du monde, que je n'ai saisi que par bribes ce qui se passait dans le monde.

Finalement, je ne sais rien sur rien alors pourquoi vous en parlerai-je ? Et puis, je crois être trop stupide pour que mes pâles lumières soient d'un intérêt quelconque pour vous offrir une meilleure compréhension du monde.

Je suis juste passée écrire et vous dire que dans ma thébaïde tout va bien.

vendredi 17 juillet 2009

Encore un ! Le numéro 156 !


Décidément me voici en verve. De même que l'appétit vient en maneant, l'envie d'écrire arrive lorsqu'on écrit. Viendra le moment ou il va falloir m'arracher mon Mac Air des mains pour que je cesse d'écrire.

Oui, je vous l'apprends en passant, j'ai troqué mon ancien Mac Book contre un Mac Air. C'est un achat totalement inutile compte tenu de l'utilisationq ue j'en ai, mais je le trouvais trop joli. J'ai trouvé que lui et moi irions bien ensemble. Il faut dire que nous avons quelques points communs : la finesse, l'élégance et une finition remarquable. J'achète les ordinateurs comme j'achèterais une énième paire de sandales à talons : parce qu'il me va bien. Je resterai toujours un peu stupide.

Si je collectionne les sandales et les ordinateurs, en revanche je ne multiplie pas les amitiés. Sociable par nature, j'ai beaucoup de contacts et connais beaucoup de gens. J'ai toujours été étonnée par ces jeunes femmes qui parlent de leurs meilleures amies. Sans doute que ma discrétion et ma réserve m'ont protégée de cela.

Je n'ai qu'une véritable amie. Où que je sois, elle n'est jamais loin, pas plus que la lune ne l'est du soleil. Notre proximité est telle que certaines personnes ont pu douter à certains moments de mon hétérosexualité.

L'époque est telle que l'on ne peut plus voir deux hommes ou deux femmes ensemble sans s'imaginer quelque torve et moite histoire de coucherie.

Les plus intelligents pensent toujours à nous comme à deux jumelles qu'un lien secret et étonnant unirait, une sorte d'osmose. C'est une explication plus jolie qui n'explique rien, ce qui me convient tout à fait. De toute manière, je ne suis pas assez intelligente pour saisir la complexité du monde et je me suis habituée à simplement vivre et profiter des choses.

A propos de notre amitié, j'ai toujours songé à la phrase de Montaigne tentant d'expliquer dans les Essais l'amitié qui l'unissait à La Boétie :

Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi.". Certaines choses se vivent sans s'expliquer et restent un mystère. J'aime bien les mystères. Cela me permet de ne pas trop penser car le merveilleux s'éprouve et fait l'économie du raisonnement. Et puis, cela me permet de rester une bonne catholique.

Heureuses les simples en esprit car le royaume des cieux leur appartient.

Et voici le numéro 155 !

Bluewin, Villeret, Neuchatel, Suisse, vista, firefox 3


Parfois, je me surprends moi-même. Moi la princesse indolente, voici que je publie texte sur texte sur mon cher blog. On finirait presque par croire que je ne suis préoccupée que par mi-même. Et pire, que je nourris un tel amour pour ma petite personne que je tente d'imposer ma vie et mes états d'âme à d'éventuels lecteurs.

Et pourtant, il n'y a pas plus discrète ni réservée que moi. Par un coup du sort funeste, Dieu m'a faite blonde aux yeux bleus, sans quoi j'aurais été aussi anonyme qu'une petite souris. J'aime d'ailleurs l'anonymat et la discrétion. Et les rares fois où je m'impose, c'est toujours pour faire valoir mes idées plutôt que ma petite personne.

La discrétion et le respect de la vie privée sont d'ailleurs des qualités que je loue au plus haut point. Quand les gens se confient à moi, je ne leur pose pas de questions. Ils me disent ce qu'ils veulent. Les potins ne m'intéressent guère. J'ai toujours pensé que si les gens ne souhaitaient pas s'étendre c'est qu'ils avaient de bonnes raisons. Et puis, je suis assez intuitive et sensitive pour deviner ce que l'on ne me dit pas.

Moi-même je mène une vie retirée qui me mène dans quatre arrondissements parisiens dont je ne sors guère. Ma Thébaïde où je vis en ermite me convient. J'y amène qui je veux et j'en exclus qui je souhaite. Si j'aime les grandes villes c'est pour l'anonymat qu'elles procurent. Je vois toujours d'un mauvais œil des initiatives telles que la fête de voisins ou des expressions telles que "vie de quartier".

J'ai toujours déteste les gens qui cherchent à en savoir plus. Je les trouve absolument impolis et incommodant à l'extrême. Ils me font penser à ces concierges qui tentent de savoir d'où vient le courrier qu'on leur confie et ce que contiennent les paquets qu'on dépose dans leur loge. L'indiscrétion est vulgaire et témoigne d'un irrespect total pour autrui. Je vais chaque semaine chez le même coiffeur mais je crois bien que depuis dix ans que je fréquente cet endroit, on n'y connait rien de plus que mes prénoms et noms.

C'est un vice de petites gens qui ne savent pas se contenter de leur vie médiocre mais aiment à lorgner par les trous de serrure en espérant toujours surprendre quelque honteux secret. C'est parfois aussi une vilaine manie qui nait de l'ennui. Quelque chose que l'on retrouve chez les ménagères déprimées en mal d'occupations plus constructives.

Je crois pouvoir tout pardonner sauf l'indiscrétion. Mais je pense aussi que j'ai tellement bon fond que je finis toujours par pardonner. Je devrais être plus ferme mais je ne sais pas.

A trente-trois ans, je suis trop vieille pour changer. Mais j'ai tout de même réussi à faire un texte sur l'indiscrétion en restant discrète.

mercredi 15 juillet 2009

Vous avez demandé le message cent-cinquante-quatre !


Je déteste le quatorze juillet. Je n'aime pas que la populace vienne piétiner les pelouses du Champ de Mars. C'est une vraie nuisance et je ne comprends toujours pas que l'on puisse organiser cette "goinfrerie de croquants" dans cadre aussi prestigieux.

Et puis, je trouve scandaleux que l'on puisse célébrer depuis maintenant plus de deux-cents ans ce non événement historique. comment peut-on glorifier ainsi ce faux fait d'arme au cours duquel une horde avinée et en haillons a massacré six pauvres soldats qui composaient en tout et pour tout la garnison de la Bastille ?

Et tout cela pour quoi ? Pour avoir un président qui se comporte comme un roi, l'honneur en moins ? Cela n'a rien de sage !

Dès que j'ai entendu les premiers cris, je me suis claquemurée. A l'abri derrière la pierre de taille et mes lourd rideaux, je me suis endormie sereine.

J'aime assez jouer la princesse et le soir du quatorze juillet, je deviens la belle au bois dormant.

dimanche 12 juillet 2009

Cent-cinquante-troisième message !


Deux messages, deux jours de suite ! Vous n'étiez pas habitués à cela. J'aime me faire rare car tout ce qui est rare est cher.

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Tandis que la plupart des femmes redoutent de vieillir, tel n'est pas mon cas. Je rentre donc dans ma trente-quatrième année sans problème particulier. Il faut dire que je possède un atout sérieux puisque trois fées se sont penchées sur mon berceau.

La première me dit que je possèderais un charme infini et que j'attirerais toujours les regard envieux des hommes et jaloux des femmes. Une deuxième m'expliqua que je resterais menue quoique je puisse manger et que les régimes ne feraient jamais partie de ma vie. Enfin, une troisième donnant un coup de sa baguette magique surenchérit en expliquant que je paraitrais toujours plusieurs années de moins que mon état civil que le recours à la chirurgie esthétique ne serait pas au programme.

En ce jour, je tenais à remercier ces bonnes fées dont les prédictions se sont avérées justes. Elles ont bien travaillé ! Certes j'aurais aimé être plus intelligente mais à défaut d'obtenir un jour un prix Nobel, je sais au moins être sage et me contenter de ce que la nature m'a donné.

Je n'oublie jamais que j'aurais pu être bête et laide !

samedi 11 juillet 2009

Cent cinquante-deuxième message !


On dit que le temps guérit tout et je le crois. On imagine que les souffrances ne cesseront jamais mais tout a une fin parce que le temps nous amène d'autres joies et d'autres épreuves. Je m'attendais à aborder ce onze juillet dans un état de tristesse indescriptible et puis, rien ! Enfin rien de terrible, rien d'insurmontable, rien que je ne puisse chasser par un effort de volonté.

Les visages et les souvenirs passés s'estompent. La douleur cède sa place à une douce nostalgie. Il ya un avant et un après. Il faut bien vivre et continuer. Je me rêve pétrie de sensibilité, abimée dans la contemplation de mes malheurs, abandonnée à la contemplation morose de mes belles années perdues et voici que je me révèle être une vraie guerrière.

Et puis, je déteste parler de moi. Peu importe les batailles perdues, l'important est de remporter la guerre.