
Paris est une ville charmante au printemps mais atroce en été. D'une part, les parisiens et surtout les parisiennes sont de plus en plus laids et mal attifés. Prenant un café en terrasse tout à l'heure, je les regardais passer devant moi : un vrai défilé de romanichels !
Des hommes aux aisselles moites ou vêtus de t-shirts assez laids, et des femmes en robes informes, les pieds rouges et gonflés chaussés de tongues de plastique, défilaient accablés de soleil. A croire que l'été avait chassé toute dignité ! Ma ville ressemblait à un camping médiocre à l'heure de l'apéritif.
Quant aux touristes, c'est le point d'orgue, parachevant de leur médiocrité, la laideur du tableau qui s'offre à mes pauvres yeux. C'est une horde de clochards anglo-saxons que je vois déambuler devant moi. Les cohortes de touristes, le chef orné de casquettes criardes et les pieds chaussés de Birbenstock passent en meutes, se dirigeant vers la Tour Eiffel.
Il y en a de grands et minces, les cheveux presque blancs à force d'être blonds, qui doivent être nordiques. D'autres, le poil blond-roux, plus massifs sont sans doute allemands. Entre les deux, le cheveux filasse et l'allure dégingandée, annoncent sans doute quelques sujets de Sa gracieuse Majesté. Juste derrière, une matrone mafflue rigolarde qui parle fort tient par la main une adorable jeune fille, et je me dis que ce sont sans doute une mère et sa fille venues d'outre-atlantique.
Même les troupeaux de zèbres Serengeti ont plus de noblesse. Je préférerais voir paître des gnous sur le Champs de Mars que de le voir livré à ces hordes crasseuses aux peaux blanchâtres et œdémateuses.Dans sa sagesse, la nature n'a pas commis de fautes de goût en créant les pelages des animaux.
Le mois de juillet est décidément une période charnière propice à tous les relâchements. Le parisien se sent en vacances et se relâche tandis que les touristes affluent déjà en nombre, souillant nos belles avenues de leur bovine errance.
Je ne les regardais plus. Perdue dans mes songes, je repensais à la fin du mois de novembre, aux trottoirs luisants de pluie auréolés de la lumière blafarde des réverbères que j'aime tant. Je ne sais pas si le froid rend plus intelligent mais il rend plus digne.