lundi 28 avril 2008

Quatre-vingt deuxième message


Je remercie tous ceux qui m'ont laissé des commentaires. Qu'ils se rassurent, je n'ai pas oublié mon blog. Il se trouve que par un heureux concours de circonstances, je fus bien occupée. Toute personne sérieuse aurait pu trouver quelques minutes par jour pour se rendre sur son blog et c'est ce que je fis.

Jour après jour, je vins noter ici même quelques réflexions amusantes sur l'air du temps. Hélas, disposant de peu de temps, je n'eus pas le plaisir de mettre tout cela en forme.

Car, j'avoue que n'ayant pas la chance de disposer du talent de certains, qui écrivent leurs textes d'un seul jet, je travaille les miens. Je ne suis qu'une pauvre tacheronne, une véritable laborieuse qui pallie son absence de talent par un sérieux sans faille. Ni gloire, ni coups d'éclat pour moi, mais de la patience. Patience et sérieux vous dis-je, rien que cela.

Dieu que tout ceci ressemble à ma triste vie. Ainsi, j'ai noté que l'on me demandait souvent : "Mais Anna, comment faites-vous pour être toujours aussi aussi fraîche et jolie ?". Je pourrais minauder, jouer les coquettes, ne pas répondre, de manière à laisser croire que je cultive quelques secrets qui me donnent ce teint de rose et cette jeunesse éternelle. Mais, tel n'est pas mon genre. Je réponds toujours que je n'ai aucun secret ni talent particuliers, juste des heures passées à me préparer.

Oui, car en plus d'être patiente et sérieuse, je cultive aussi une autre qualité : l'humilité.

dimanche 23 mars 2008

Soixante-dix septième message


Bientôt dix-huit heures, la fin de la journée, et je n'ai rien fait du tout. Ce matin, réveillée à dix heures à peine et je n'ai aucune envie de me lever. Si je n'avais pas ce grand plâtre, je me tournerais et me retournerais dans mon lit. Je regarde ma cuisse et je vois que tous mes muscles ont fondu. Je peux glisser ma main dans le plâtre. Alors qu'habituellement, je n'en ai rien à faire, aujourd'hui cela me déprime.

Je me souviens que lorsque petite, je m'étais cassée la jambe au ski, j'avais même été triste qu'on m'ôte le plâtre tellement j'avais été heureuse d'être au centre des attentions. Ce doit être de cette période que datent mes traits hystériques. Il faudrait que j'en parle à mon psychanalyste. Il faudrait avant tout que j'en trouve un. Et puis, de toute manière, je n'ai aucune envie de faire une analyse. Je suis morose.

Je tente de lire un peu à la lueur de ma lampe de chevet. Mes rideaux sont toujours tirés et je ne sais même pas quel temps il fait. Je repose mon livre pour en prendre un second qui me tombe des mains quelques minutes après. Je me remets sur le dos, affalée sur mes oreillers. Je rumine et finis par me rendormir à peine une heure. Je rouvre les yeux et décide d'agir.

Je me lève enfin. Prenant mes béquilles, je vais dans la cuisine me faire un café que je boirai debout comme les chevaux. Mes mains étant prises par les béquilles, il m'est impossible d'emmener quoique ce soit d'une pièce à l'autre. Je me dis que je suis la plus malheureuse du monde et cela me fait du bien. Je pleure même un peu.

Parce que je vous assure qu'il n'est pas dans mes habitudes de me plaindre, je ne le fais jamais. D'un geste rendu souple par la pratique, je pose ma tasse sur la table de ma cuisine. Je m'assieds et entreprends la lecture d'un magazine féminin qui trainait là en écoutant ma radio favorite. Cela ne me satisfait pas. Je m'agace de ces articles idiots. J'en veux à ces journalistes qui nous prennent vraiment pour des crétines.

Je reprends mes béquilles et vais dans mon salon. Je m'affale sans grâce dans le canapé. Finie de jouer les princesses ! A deux pas, une glace posée par terre, me renvoie l'image du dessous de mon plâtre. Il était si joli, si blanc, si doux et le voici usé et effiloché ! Je constate même qu'ayant marché un peu hier, j'ai oublié de nettoyer mes jolis orteils. Ils sont tout noirs dessous. La tristesse m'envahit.

J'ai beau faire attention, à certains moments je les pose par terre et les salis. Il faudrait que je mette une chaussette pour les protéger. Oui, mais si je fais cela, j'aurais trop chaud et puis ce n'est pas joli. C'est déprimant. Pourtant, l'été lorsque j'en ai marre de mes talons, il m'arrive d'ôter mes sandales pour marcher pieds nus et cela ne me dérange pas. Mais aujourd'hui si !

Comble de malchance, cela me gratte ! Oui, c'est ainsi, même si ce n'est pas très glamour, parfois sous le plâtre ça gratte ! Je saisis donc une lime à ongles en carton qui traîne et profitant de ma solitude, je la glisse sous mon plâtre, sur la plante de mon peton plâtré. Enfin, quelques secondes de bonheur éperdu jusqu'à ce que cette maudite lime se casse net. Je me crois damnée.

Je tente de la récupérer mais c'est impossible. Maudissant ce jour funeste, je me rue dans la salle de bain pour chercher deux petits bâtonnets de buis. Je retourne à mon canapé pour m'y affaler. Me pliant en deux, au risque de me faire mal, je tente, un bâtonnet dans chaque main de récupérer le bout de lime à ongles. J'y parviens plusieurs minutes après. C'en est trop. Je décide d'aller me préparer.

Quarante minutes après, je suis prête, qui dit mieux ? Mais prête à quoi puisque la journée s'annonce maussade ? Je décide pourtant de sortir. Il est quatorze heures mais je trouverai bien où déjeuner. Je n'ai pas envie d'aller dans ma brasserie favorite. Je choisirais bien un endroit plus calme. Oh et puis non, je vais y aller. Je prends l'ascenseur qui met du temps.

Je fais cent mètres et m'aperçois que j'ai oublié de prendre un livre. Qu'à cela ne tienne, je vais acheter un magazine au prochain kiosque. Il y en a tant que je ne sais lequel choisir. J'hésite et le kiosquier me demande si je cherche quelque chose en particulier. Je lui réponds que non, je ne cherche rien de particulier. Je trouve enfin quelque chose qui m'intéreresse. Je paye et repars.

J'aperçois la place au bout de l'avenue. Moi si habile en béquilles, aujourd'hui tout cela me semble loin. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie d'y aller. J'avise un banc sur la contre-allée et m'y assieds pour réfléchir. Je sors mon magazine et allume une cigarette. Je reste dix minutes mais il fait frais. Je n'ai plus envie d'aller déjeuner. Je rentre chez moi.

Arrivée dans mon appartement, j'ôte mon manteau et ma chaussure et repars m'affaler dans le canapé. J'ai beau clamer que je ne possède pas de télé, je saisis tout de même la télécommande pour zapper sur la centaine de chaines que me propose sur mon bel écran plat. Je reste de quelques secondes à quelques minutes pour revenir sur un téléfilm larmoyant sur M6. C'est sans intérêt mais cela m'hypnotise.

Je passe la journée ainsi. A deux reprises je suis dérangée par le téléphone. On me demande si ça va et je réponds que oui. Prétextant du travail, je ne m'éternise pas et raccroche pour retourner à mon écran plat. Je pourrais écrire un article sur mon blog mais je n'en ai pas envie. Je n'ai envie de rien.

Tiens, il est presque dix-huit heures. Vivement ce soir que je me couche. Tous les mois, c'est pareil.

jeudi 20 mars 2008

Soixante-seizième message !

Assez parlé de politique et d'euthanasie, concentrons-nous sur des sujets sérieux. "Les morts avec les morts, les vivants avec les vivants" comme écrivait Saint-Luc (du moins je crois que c'est cet évangéliste). Je suis en vie le printemps est arrivé. On ne s'en rend pas compte car le temps est froid mais la date fatidique est là. Faisait-il beau le jour de Noël d'ailleurs ? Je ne m'en souviens pas. Rappelez vous que "Noël au balcon, Pâques aux tisons". Ce proverbe est-il vrai ?

Tandis que je me réjouissais de la survenue du printemps, laissant augurer de belles promenades, on annonce trois jours de pluie et de frimas pour ce long week-end. Si j'étais aussi stupide dans la vie que j'aime à le montrer ici, je me dirais que je n'ai vraiment pas de chance. J'irai aussitôt m'allonger sur mon lit, pleurer à chaudes larmes dans mes oreillers en tapant de mon petit poing pour protester contre ce temps immonde. Ce serait idiot puisque je tacherai de mascara mes oreillers et que je risquerais de briser mon poing gracile.

Hélas, même si j'ai quelques défauts, j'avoue ne pas être sensible au temps. Je me moque même du temps qu'il fait. J'aime autant l'hiver que l'été, le printemps me réjouit et l'automne m'étonne. Je vous avouerais aussi que je déteste qu'on me parle du temps et que j'ai toujours envie de gifler ceux qui régulièrement m'assènent que tout irait mieux avec du soleil.

Le soleil est agréable parce qu'il me permet de porter mes tongues et mes mules favorites mais il entraîne aussi de nombreux désagréments. Dès qu'il fait beau, des gens trainent et crient dans les rues et s'attroupent même lors de fêtes stupides. Les hommes deviennent libidineux au fur et à mesure que les corps se dénudent. Le soleil rendrait-il bête ?

Le sujet du temps qu'il fait étant épuisé, de quoi puis-je vous parler ? Je ne souhaitais évidemment pas vous parler du temps. En fait, je me demandais si le printemps était propice aux achats ? Mon porte-monnaie est-il comme les bourgeons naissants enclins à s'ouvrir ?

Je suis lassée de mon Mac Book. Il marche très bien et j'en suis ravie mais je rêve d'un Mac Book Air. Je ne peux voir la publicité sans le désirer ardemment. C'est idiot, je sais. Tous mes amis férus d'informatique et prompts à vouloir tout expliquer à la pauvre petite blonde que je suis, m'assurent que c'est une arnaque, qu'Apple ne vend que sa marque, que ce produit est trop cher pour ce qu'il offre, qu'il porte bien son nom parce que justement ce n'est que du vent.

Je m'en fiche, il me le faut. Vous vous doutez bien que je n'ai que faire des arguments techniques. C'est beau donc c'est pour moi. Et puis, compte-tenu de l'utilisation que j'ai d'un ordinateur, je crois que ce serait bien suffisant. Je n'utilise que Word et l'Internet. Tout le reste m'est étranger. Je n'aime pas les jeux et je n'ai aucune velléités artistiques. Et puis, cette coque si fine en aluminium anodisé m'enchante. Si j'en avais les moyens, j'aurais demandé à ce qu'on le polisse encore plus. J'aurais pu me regarder dedans ! Dis-moi mon beau Mac Air, suis-je la plus belle ?



Je suis proche de craquer. Mais bon, bientôt on m'ôtera mon plâtre. Je ne vais pas sortir pieds nus dans la rue. Il me faudrait d'autres chaussures. Friande de nu-pieds, mon regard étincelle dès que je croise la vitrine d'un chausseur au printemps. Talons fins et hauts, brides fines et élégantes me font de l'oeil. Bien entendu, à tout cela il faut rajouter un nouveau sac à mains. Et puis, n'oublions pas quelques vêtements car je ne peux pas aller mise comme une pauvresse. Imaginez que je croise notre nouveau maire, toute de Dior vêtue !

Si j'étais plus raisonnable, je me dirais que je n'ai pas besoin d'un nouvel ordinateur. Je penserais aussi que mes cent paires de chaussures devraient me suffire et qu'à la limite, je pourrais n'en acquérir qu'une seule nouvelle paire. Je me dirais aussi qu'en cherchant bien, on peut trouver de charmantes petites choses, chics et pas chères. Je me raisonnerais, me morigènerais, me mettrais à penser à la misère dans le monde, me tancerais de tant de mièvrerie, me ferais la morale, me forcerais à être enfin sérieuse, me jetterais au pied d'une croix dans quelque église sombre et propice au recueillement pour expier mon péché d'orgueil.

Allez je tente. Je cesse d'écrire deux minutes. Je plonge en moi pour mobiliser tout l'esprit critique que je possède. Je fais appel à ma mémoire pour repenser à toutes les fois où l'on m'a dit que j'avais une manière presque masculine d'argumenter et de trancher. Si je cesse d'être nunuche juste quelques instants pour mobiliser toutes les qualités qui m'ont permises de réussir mes brillantes études, je sens que le salut est à ma portée.

Qu'ai-je besoin de toutes ces choses après tout ? Posséder ces dérisoires objets me rendra-t-il plus heureuse ? Non, c'est certain. Pour autant, la vie vaut-elle d'être vécu si je dois confire en macérations et m'empêcher tout ce que j'aime ? Non. La vérité est entre les deux. Soyons enfin sérieuse. Redescendons sur terre. Méditer m'aura été utile.

Je n'ai nul besoin de ce Mac Book Air. Par contre, j'ai impérativement besoin de tout le reste.

Soixante-quinzième message !


Tout va trop vite ! Je ne suis rentrée qu'hier tard dans la nuit. Une grasse matinée et quelques heures à ne rien faire et me revoici sur mon blog que je n'avais pas oublié. Une de mes amies m'a proposé de partir quelques jours à Dinard avec elle. C'est vraiment une ville charmante que je connais bien. Même si certains objecteront que ce n'est pas la meilleure saison pour y aller, je pense le contraire.

Dinard est très agréable quelle que soit la saison et même peut-être plus en hiver, quand il n'y a plus de touristes mais des connaisseurs qui retrouvent leurs habitudes. Mon amie me servant de garde-malade j'ai eu le loisir de passer une bien agréable semaine. Pas d'enfants et aucun soucis pour me désobliger. Tout n'y est que luxe calme et volupté et cela me satisfait : la parfaite vie de princesse au petit pois.

Arriver dans une maison fermée depuis trois mois, rouvrir les volets, ôter quelques housses, se promener dans les pièces vides et silencieuses, augmenter le rendement de la chaudière asthmatique sont des actes qui me ravissent. Même si bien sur j'ai fait sous-traiter une certaine partie de ces activités par mon amie pour cause de fractures.

Ainsi loin du monde, n'ayant ni télévision, ni connection internet, je n'ai eu comme loisirs que quelques balades, des sorties au restaurant, lire une foule d'ouvrages que j'avais emmenés, contempler la mer absorbée par mes réflexions et bien sûr des discussions avec mon amie. Il se pourrait que je sois aussi allée au casino mais cela vous n'en saurez rien. Je suis bien trop réservée pour étaler mes vices ici.

De retour à Paris, je ne peux pas dire que les soucis recommencent puisqu'à vrai dire je n'ai pas de soucis particuliers si ce n'est ma jambe plâtrée qui ne me dérange pas plus que cela, puisque je suis très très douée en béquilles et donc parfaitement autonome. Non, je sens simplement que je redeviens agressée par des nouvelles qui ne m'intéressent pas. Ma sensibilité est agacée par mille et une petites informations qu'on m'assène alors que je n'en ai que faire. Et impossible d'y échapper. Où que je sois, l'information s'impose. Ce sera les manchettes des journaux exposés devant un kiosque, la page de garde de yahoo et les lectures des blogs que je n'avais plus lus depuis quelques jours.

J'apprends ainsi que le maire de l'arrondissement est Rachida Dati. Pourquoi pas ? Je ne m'en soucie plus depuis que j'ai décidé de ne plus voter comme l'ont fait environ quarante-quatre pour cent des électeurs de l'arrondissement. Je pourrais polémiquer longtemps sur la bêtise des électeurs. Notamment, sur celle des grands bourgeois et des aristocrates peuplant le quartier, mais je n'en ferai rien. Si je n'ai pas envie de féliciter Rachida Dati pour son élection, je veux tout de même la complimenter pour son courage et je suis sincère.

Il fallait oser en tant que femme issue de l'immigration, musulmane et issue d'une cité se présenter ici. La plupart n'auraient jamais osé, elle si. Comme dit le proverbe : "le monde n'appartient pas aux capables mais à ceux qui osent".

J'ai le souvenir d'un ami qui souhaitait quitter son quinzième arrondissement et dont le rêve était de vivre dans le huitième. Quand je lui avais dit que le septième était aussi très agréable, il m'avait rétorqué que c'était vrai mais qu'il ne se sentirait pas à l'aise au milieu de Villiéristes (électeurs de Philippe de Villiers) calotins et obtus. Et pan sur mon bec !

J'en étais restée coite, totalement sans voix. Comment, nous aurions donc la réputation d'être un arrondissement peuplé de bigots, refermés sur eux-mêmes et peu ouverts aux autres ?! Cette réputation n'était peut-être pas usurpée voici encore vingt ans mais elle n'a plus lieu d'être. Si cet ami me reparle en ces termes de l'arrondissement, je pourrais maintenant lui répondre :"Zyva, on a Rachida comme maire !".

Nous voici à présent nantis d'un certificat de citoyenneté à toute épreuve. Je quitte l'univers vicié des salauds de possédants pour entrer dans celui plus feutré des gens ouverts à la mixité sociale et à la discrimination positive . Me voici enfin nantie d'un brevet de citoyenne à part entière. Ne me reste plus qu'à troquer mes vêtements un peu trop classiques contre un baggy et un sweat-shirt à capuche. Ce sera mon programme pour la semaine prochaine.

Celle d'après, je tenterai le tatouage dans le creux des reins. C'est d'une vulgarité absolue mais il faut ce qu'il faut. J'hésite encore entre un joli papillon, un dauphin mutin, à moins que je ne choisisse finalement un idéogramme chinois à la signification ésotérique : c'est très tendance aussi les idéogrammes. Ceci dit un kenji ferait aussi l'affaire. Je me sens d'humeur à briser tous les codes culturels, à saisir à bras le corps tous les tabous pour les réduire en poussière. S'il faut échanger mes jolies sandales à talons aiguille contre une paire de Nike, je le ferai aussi. Cela m'arrachera le coeur, mais ma conversion est à ce prix.

Sinon, l'autre nouvelle terrible dont je n'avais pas entendu parler, est l'affaire Chantal Sebire. J'avais bien cru apercevoir un soir sur le téléviseur d'un café un visage curieux mais je ne m'en étais pas souciée. A vrai dire, j'ai même du imaginer qu'il s'agissait d'une énième rediffusion d'Elephant man, un film que j'ai déjà vu et que je trouve très triste. Ne voyez dans cette réflexion aucune pensée méchante mais plutôt l'expression sincère de la petite blonde navrante que je suis.

Si j'étais restée à Paris, en ayant connaissance d'une telle tragédie, j'imagine que bavarde et oiseuse comme je suis, j'aurais forcément trouvé quelque chose à écrire sur cette passionnante affaire. Ayant lu mes blogs préférés, je constate que tous y sont allés de leur clavier. Je suis bien la seule à ne pas avoir jeté mes pensées à la face de la blogosphère enthousiaste. Hélas, tandis que la France bruissait de cette affaire, je n'étais dérangée que par le ressac de la Manche. Son cancer m'aura prise de vitesse puisqu'à peine rentrée, j'apprends qu'elle est décédée.

Fort heureusement, ayant vu quelques images lors d'un reportage, j'ai constaté que des scellés avaient été apposés sur la porte de l'appartement dans lequel on a retrouvé cette pauvre femme. L'affaire connait donc un rebondissement. J'arrive tard sur le coup mais pas trop tard peut être ! Je suis ardemment l'enquête. Je ne veux pas être celle qui n'aura rien dit.

Toutefois, je me tâte encore. Devrai-je hurler avec les loups en militant pour le suicide assisté. Après tout, il y a des arguments pour. De quel droit l'état tout puissant s'arroge-t-il le pouvoir de nous interdire de choisir le moment de notre mort ? Ceux qui objecteront qu'il y a des raisons d'ordre moral derrière ce choix pourraient ne pas être les bienvenus. Je pourrais leur répondre que je trouve intolérable qu'ils m'imposent leurs principes moraux.

En revanche, je pourrais aussi défendre le droit de mourir dans la dignité pourvu que cela s'effectue dans le respect de la vie. Auquel cas, je répondrais à tous les défenseurs du suicide assisté, qu'il existe de nos jours des services de soins palliatifs prêts à accueillir les malades dans la détresse. J'argumenterai qu'une société doit certes abréger les souffrances mais en aucun cas proposer de donner la mort.

En vérité, je ne saurais pas quel parti choisir. Il y a du pour et du contre dirai-je. Je ne sais pas à quel camp adhérer, quelle thèse défendre même si mes sympathies vont vers les catholiques. Ceci dit ayant déjà défendu auparavant ici-même le droit à l'avortement, suis je encore en droit de me réclamer de ce camp si strict ? N'ai-je pas perdu définitivement ma place à la droite du Père ? Qu'aurais-je fait si j'avais été à la place de cette dame ? Si, moi ordinairement si coquette, passant des heures à me maquiller, me coiffer, me regarder dans mon miroir et ma psyché, j'avais du voir mon joli minois s'enlaidir ainsi ? Il me semble en plus avoir lu naguère une phrase expliquant qu'il ne fallait pas juger sous peine d'être jugé !

J'en viens presque à regretter le temps béni où les femmes ne se préoccupaient pas de ce genre de débats. Confinées dans nos cuisines ou nos boudoirs, selon nos rangs ou nos fortunes, nous avions des conversations plus sereines.

Ceci étant dit, il me semble que finalement, moi aussi j'ai réussi à écrire quelque chose sur l'affaire Chantal Sebire. Qu'elle repose en paix.

jeudi 13 mars 2008

Soixante-quatorzième message !


Rien de précis à écrire. Je pense qu'hier, j'ai trop écrit. Non, j'ai écrit trop de choses personnelles. Je m'étais jurée de faire dans le nouveau roman et voici que j'en viens à rédiger des messages presque polémiques et à jouer les pasionarias !

C'est terrible. Voilà qui ne me ressemble pas. Moi, habituellement si réservée, je commence à donner mon avis ! Qui suis-je donc devenue ? Et puis trève de balivernes puisqu'aujourd'hui je n'ai rien à dire. J'étais juste venue mettre cette photo que je trouve amusante et qui illustre ma condition actuelle.

Curieusement je me sens plus libre, c'est très amusant. Je crois que si je n'avais pas tenu de blog, cette période électorale aurait pu m'intéresser. Or là, pas du tout, je m'en moque. Ce matin, en me parlant un commerçant m'a dit que c'était serré. Je me suis contentée de lui répondre "peut-être" en lui souriant.

Je ne sais pas ce qu'il en a pensé. Soit que j'étais trop stupide pour m'intéresser aux affaires de la cité, soit encore que mes idées n'étaient pas conformes aux siennes et que je préférais éviter toute discussion à propos des élections.

Dans une vingtaine de minutes, je me préparerai pour sortir. J'irai prendre mon café quotidien dans ma brasserie préférée. Je passerai devant des panneaux électoraux. J'aurais encore la même idée en regardant tous ces visages souriant.

En fait, la plupart ne m'arracheront aucune pensée particulière. En revanche, l'une d'elle, que je crois savoir être en tête chez nous, me fait penser au petit chaperon rouge. Chaque fois que je la regarde, je ne puis m'empêcher de songer "Rachida, pourquoi as-tu de si grandes dents ?". Et la réponse vient d'elle-même.

N'allez surtout pas croire que je me moque d'elle. Non, elle est plutôt jolie et puis chacun sait qu'un défaut donne souvent du charme. Les gens trop beaux sont souvent très fades. Prenez un visage classique, rajouter une coquetterie dans l'oeil et vous obtiendrez un résultat plus sympathique.

J'en veux pour preuve que moi qui boîte bas depuis l'adolescence, on m'a souvent dit que c'était charmant. Tandis qu'au début j'aurais giflé celui qui aurait osé me dire cela, avant de courir me cacher pour pleurer en me disant que je n'étais pas belle, aujourd'hui je m'en amuse. C'est curieux d'être appréciée pour un défaut.

Ainsi, regardant le visage de Madame Dati, que je trouve joli, je ne peux m'empêcher de songer au petit chaperon rouge. Fort heureusement, si elle m'a prise pour le petit chaperon rouge, comme dans le vrai conte, l'histoire finit bien puisqu'elle n'a pas réussi à me manger.

Il est temps de partir. Depuis peu, je me suis mise à lire Nodier, c'est un auteur trop méconnu. J'ai pourtant hâte de retravailler. Avant de partir, j'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont laissé des commentaires.

Soixante-treizième message.


C'est la première fois que j'écris si tard. Habituellement, j'ouvre mon Mac le matin ou en début d'après-midi. Je suis réglée comme du papier à musique. Ce soir, ayant fait la tournée de mes blogs favoris, j'ai décidé d'écrire.

C'est amusant cette expression "tournée des blogs". On imaginerait presque que c'est la "tournée des cafés", pour "s'en jeter un dernier" avant de dormir. Dans les faits, je suis une poule, l'animal pas la fille de mauvaise vie. J'aime me coucher tôt et lire très longtemps allongée dans mon lit. J'apprécie encore plus cela depuis que j'ai la jambe dans le plâtre. Je me suis fait livrer plein d'oreillers sur lesquels je pose ma pauvre jambe meurtrie et immobilisée. Plus que jamais, je suis la Dame aux camélias.

Mon lit est l'un de mes endroits préférés. Si j'avais été moins vertueuse, plus "putain" que "maman", je crois que j'aurais pu y gagner ma vie. Déshabillés légers, draps de soie, lumières tamisées, et poses alanguies ne m'auraient pas déplus. Fort heureusement, je suis aussi morale que lascive. Et donc dans un lit, je ne fais que lire. Je surfe aussi parfois bénéficiant de cette extraordinaire progrès qu'est le wi-fi.

Je lisais donc mes blogs favoris. J'ai grandement appréciés cet article et cet autre mais aussi d'autres articles trouvés ici. Sans savoir pourquoi, les deux m'ont touchés. Les deux sont bien rédigés mais ce n'est pas le style qui m'a touchée mais le fond.

Comme je le disais précédemment, je n'ai pas voté pour la première fois de ma vie. Cela semble curieux que je dise cela pour ceux qui me prennent pour une petite blonde stupide. Je ne le suis pas. Je suis sérieuse et je prends les choses au sérieux. Ayant entendu dire que le droit de vote était une grande chance, c'est mue par la culpabilité que depuis que j'ai dix-huit ans, j'allais dévotement voter.

J'ai pourtant dans ma manière d'envisager le monde de fort relents monarchistes. Non, que j'imagine que cela puisse fonctionner, mais que je me serais fort bien vue en petite princesse à laquelle on aurait attribué une liste civile conséquente. J'aurais passé ma vie à lire, à voyager de palaces en palaces, et à acheter des chaussures.

Hélas, dotée des simples pouvoirs que notre droit attribue à une citoyenne, ce n'est pas d'un pouvoir arbitraire dont je jouis mais uniquement de celui de voter. C'est beaucoup moins drôle. Mais soumise naturellement, je ne m'étais pas posé la question et je m'en contentais.

Je sentais pourtant insidieusement que j'étais manipulée. Toutefois, n'étant dotée d'aucune culture politique, je ne me posais pas de questions. J'étais de droite, c'est tout. Année après année, je votais pour un parti dont le logo est bleu et rouge. Parfois, à l'aune d'informations glanées dans les journaux, je me rendais compte qu'on se moquait un peu de moi, mais je restais soumise.

Jamais de ma vie, je n'aurais pu voter à gauche. C'eut été risquer de me faire déshériter voire de me faire enfermer dans un couvent ou une maison de repos. Chez nous, cela ne se fait pas. Je m'apprêtais donc à voter ma vie durant pour ces mêmes personnes quand j'eus la chance de me casser la jambe.

Cette expérience me laissant du temps, j'eus le loisir de surfer et de m'attaquer à la rédaction de ce blog. La petite blonde naïve que je suis, eut tôt fait de découvrir des perles sur cette toile. Et c'est ainsi que ma conscience politique naquit. De liens en liens, je découvris une masse de rédacteurs ne pensant pas comme les journalistes.

J'avais confusément senti qu'au fond de moi sourdait une rébellion. Je la taisais, n'y voyant que le fruit des bouleversements hormonaux mensuels que connaissent toutes les femmes. Le ponstyl ou l'ibuprophène savaient jusque là remédier à cet état.

Toutefois, j'eus bientôt la conviction que mon état pouvait aussi être lié à l'idée sans cesse grandissante que le monde dans lequel je vivais était un leurre. J'eus au cours des semaines passées l'impression évidente qu'on s'était joué de moi, qu'on m'avait bernée.

Passant des textes réactionnaires bien rédigés mais dont les idées m'apparaissaient d'arrière-garde, j'accédais enfin à quelques blogs libéraux, mon préféré restant celui de Laure. Bien que la sécurité sociale ne me passionne pas, j'aime sa liberté de ton et la manière particulière qu'elle a de s'opposer violemment à l'ordre établi.

Je commis alors deux ou trois articles, dans lesquels j'avançais quelques arguments que j'estimais intelligents pour tenter d'expliquer que le libéralisme était mal. Engluée dans des années de conformisme, il m'était difficile d'imaginer que l'on puisse changer. Des commentaires avisés de cette chère Laure me firent comprendre que mon érudition politique laissait à désirer et que je devrais lire un peu plus.

Ayant du temps à tuer, je découvris alors ce site. J'y acquis des connaissances étonnantes. Je découvris que lorsque l'on était lassé de la droite comme de la gauche, on pouvait fuir sans abdiquer ni se réfugier dans un nihilisme stérile.

Après maintes réflexions et quelques lectures, grisée de ce nouveau savoir que je manipule encore avec précautions, je me sentis prête. Et c'est ainsi que dimanche neuf mars deux-mille-huit, tandis que ma famille et tous mes amis accomplissaient leur devoir électoral, je jugeais que j'étais enfin mure pour briser mes chaînes. J'estimais que je ne devais rien d'un point de vue électoral.

Les laissant sous la pluie glacée de ce triste dimanche de fin d'hiver, je restai chez moi à me prélasser. Je n'en conçus aucune honte ni culpabilité bien au contraire. Lorsque l'on me demanda si j'avais voté, je répondis que non. Lorsqu'on me fit de lourds reproches, et que l'on me parla de la démocratie en danger, je répondis que je m'en moquais et que j'avais eu mieux à faire. Lorsque l'on me pressa pour savoir ce qu'il pouvait y avoir de mieux que voter, je répondis que vivre libre était plus intéressant, notamment avec un bon livre dans les mains et un thé. Lorsqu'on leva les yeux au ciel signifiant par là que décidemment je resterai toute ma vie une petite blonde éthérée et passablement idiote, je ne répondis rien. Cela ne me fit ni chaud ni froid.

Je crois que je n'irai plus jamais voter. Passionnée par le dix-neuvième siècle, je me demandais si le dandysme pouvait se vivre au féminin ? Je n'en sais rien. J'étais libre et je ne le savais pas.

En revanche, dussè-je y aller plâtrée, dès que le printemps daignera se montrer, j'irai acheter de nouvelles sandales. Il y a des dépendances que je compte bien garder. Je ne veux pas m'affranchir de tout.

mercredi 12 mars 2008

Soixante-douzième message !


Le soixante-et-onzième message n'est pas encore publié. J'adore écrire comme cela à bâtons rompus. Alors j'ouvre Blogger et je fais mes textes. Et puis, je ne les publie que lorsque je suis satisfaite.

C'est ainsi que certains, encore enregistrés en mode brouillon, seront publiés après celui-ci. C'est ainsi. Je ne mets toujours pas de titre. Si j'avais décidé d'en mettre un à ce message, je crois que je l'aurais appelé "Les buveurs d'étiquettes".

Je ne connais rien au vin. Du moins, je pense savoir suffisamment l'apprécier pour distinguer le très bon, du bon et de l'infâme. Je crois d'ailleurs que j'aurais pu faire une excellente alcoolique voire une bonne droguée. Je suis naturellement dépendante. Je remercie Dieu de m'avoir permis de garder le contrôle approxiamtif de ma vie.

J'ai donc pu éviter la déchéance totale. On ne me retrouvera jamais ivre au petit matin dans le caniveau. Pas plus que je n'irai me prostituer pour avoir ma dose. J'en reste à la cigarette et à d'autres menues dépendances.

Comme j'imagine que vous voudriez bien savoir ce que sont mes menues dépendances, je vais vous les dire. Il y a en premier lieu les livres et enfin, et vous le saviez déjà, les chaussures. Je regrette simplement de ne pas avoir autant de chaussures que de livres. A ce titre, j'ai toujours trouvé Imelda Marcos sympathique, quels que soient les griefs qu'on ait pu avoir contre elle.

Pourquoi parler de vin ? En fait, un jour un jour un ami versé en œnologie nous expliquait que le véritable connaisseur ne se fiait jamais aux étiquettes. Il nous expliqua que seul les béotiens faisaient cela, étant prêts à se régaler de n'importe quelle bibine pourvu que son flacon soit revêtu d'une belle étiquette. Ces gens là sont appelés "buveurs d'étiquettes".

Dimanche dernier, je n'ai pas voulu aller voter. Le temps était abject, froid et pluvieux. Ce n'était pas idéal pour mon plâtre et mes béquilles. Mais, je pense que j'aurais pu trouver le courage de braver les éléments. J'ai le sens du devoir et je sais être une brave petite qui fait contre fortune bon coeur.

Ayant reçu dans ma boîte aux lettres les professions de foi des prétendants, je les ai lues. Personne n'a réussi à me convaincre. Je pense que j'aurais habituellement voté UMP. J'aurais fait un choix raisonnable. "Faute de grives, on mange des merles" dit le proverbe. Mais si je puis me résoudre à manger du merle, je ne pense pas que je sois capable de manger n'importe quelle carne.

Que pour réussir en politique, il soit nécessaire d'être un peu opportuniste, je le conçois. Que l'on puisse bâtir sa réussite sur ce seul opportunisme me gêne. Et, je ne saurais expliquer pour quelle raisons je ressens cela, mais notre Garde des Sceaux me semble terriblement, voire exclusivement opportuniste. Admettons que je sois terriblement intuitive. En la voyant parler et vivre, j'ai le sentiment ténu mais tenace qu'elle est terriblement ambitieuse et que cette ambition lui tient lieu d'unique profession de foi.

Et pourtant, je reste humaine. Ayant eu de la chance de naître dans le milieu qui est le mien et dans ce quartier, qui suis-je pour critiquer cette femme ? Je conçois que l'on soit prête à tout pour s'en sortir. Il y a a parfois des conditions de vie qui peuvent justifier cette vision de l'avenir. Ceux qui me rétorqueront que c'est mal et que les valeurs priment, n'ont sans doute pas connu la pauvreté.

J'en veux donc moins à notre Garde des Sceaux qu'à ses électeurs. Pourvu qu'on leur appose l'étiquette UMP, ils votent. C'est risible. Avoir élu un pitre aux plus hautes fonctions de l'état ne leur suffit pas. Il leur fallait une aventurière dans leur arrondissement. Ce doit être une collection qu'ils entament ? Peut importe le contenu pourvu que l'étiquette porte la mention UMP. D'où ce titre de Buveurs d'étiquettes. Je les aurais crus plus malins.

J'ai donc regardé les listes. Voter à gauche, plutôt mourir, je n'aurai pas le courage de mon confrère blogueur. Voter pour le Modem, jamais de la vie. Autant voter à gauche tout de suite, que de se faire trahir ensuite. Les petits candidats ne m'intéressaient pas, car je veux que ma voix compte. Sinon autant restez chez soi. Restait l'UMP. Vous savez maintenant ce que j'en pense.

C'est la première fois de ma vie que je ne vote pas. Je n'aurais pas cru cela possible. Je crois qu'avant, j'en aurais retiré une grande culpabilité. Je me serais dit que puisque je n'exprimais pas mon suffrage, alors je n'avais plus qu'à me taire à jamais. Finalement si je n'hésite pas à sortir en sandales en hiver, je crois que c'est ma seule rébellion contre l'ordre établi. Je suis tristement conformiste.

Dimanche je n'ai pas voté. Je m'en suis trouvée très bien. Dimanche prochain, je ferai de même. Si cela continue, je ne voterai plus. Les habitudes se prennent vite surtout quand elles consistent à rester chez soi plutôt qu'à aller dans un sinistre bureau de vote.

L'abstention a du bon. Notamment quand elle permet de signifier dans un même message que l'on préfère rester chez soi au chaud à se prélasser plutôt que de perdre son temps à voter pour quelqu'un n'offrant rien d'intéressant.

S'abstenir, c'est dire non et raccrocher à l'importun qui vous téléphone pour vous vendre n'importe quoi par téléphone. Je sais maintenant le faire quel que soit l'importun.

dimanche 2 mars 2008

Soixante-et-onzième message !


Cet après-midi, j'ai vaqué à quelques occupations et je me suis dit qu'il faisait beau. Enfin presque bau avec un vent monstrueux mais qu'à cela ne tienne. Je n'allais donc pas rester cloitrée chez moi à me morfondre. J'ai pris mon sac à mains, mes fidèles béquilles et un livre et je suis sortie.

J'ai décidé d'aller prendre un thé en terrasse. Je me suis fixé une demie-heure. Et finalement, je suis restée une heure. J'ai alors pu constater le comportement terriblement moutonnier des gens mais je me suis sentie libérée.

Avant, on me regardait claudiquer sur mes jolies béquilles d'un oeil discret. Sans doute que l'on imaginait quelque terrible catastrophe. Dans la tête de ces curieux voyeurs se déroulait sans doute un scénario sur fond de tôles froissées et d'hémoglobine, nimbé de la lueur bleutée des gyrophares des véhicules de secours. Les gens du SAMU s'affairaient, on ne savait pas si je vivrais et finalement j'étais évacuée dans une ambulance roulant à tombeau ouvert vers quelque service d'urgence dans lequel, reliée à différents appareils, le visage pâle et les yeux révulsés, on me ramènerait difficilement d'entre les morts.

Etant l'une des rares personnes plâtrées et en béquilles, j'attirais évidemment les regards. Mais ces regards restaient distants. Bref, j'étais une blessée et l'on reconnaissait mon statut. Par peur de me déranger, et sans doute de réveiller quelque atroce traumatisme chez moi, on ne me parlait pas de ma jambe plâtrée. Tout au plus, avais-je le droit à un sourire un peu crispé signifiant qu'on me plaignait tout en m'assurant qu'on se garderait bien de m'ennuyer.

Même ma boulangère favorite, m'ayant vu prête à m'étaler en béquilles sur sa stupide marche posée à l'entrée de sa boutique, ne m'avait fait aucune réflexion. Je lui en ai été reconnaissante car je venais de cogner mes charmants orteils nus au bout du plâtre et j'étais colère. Je pense que dans le quart d'heure suivant cette entrée peu glorieuse dans sa boulangerie, je n'étais pas en veine de dialogues.

J'étais donc la demoiselle à la jambe dans le plâtre, une accidentée quelconque. Mais tout a changé depuis peu. On me parle dans la rue, on m'aborde et on me lance des réflexions imbéciles. Généralement, toutes ces saillies idiotes tournent autour du ski.

Car, en région parisienne, ce sont les vacances dites "de février" qui viennent de prendre fin et pour le quidam moyen, elles sont liées aux joies de la glisse sur des pentes enneigées. Cet individu moyen, ce monsieur Homais, ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, envisage aussitôt que toute personne se promenant avec une jambe dans le plâtre se l'est forcément cassée au ski !

Cela vous l'imaginez sans problème. Ce qui est plus amusant c'est que l'origine de mes fractures, selon qu'il s'agisse d'un terrible accident ou d'une bête chute en skis, change manifestement la manière dont je devrais vivre mon état. De plus c'est une habitude idiote que de penser cela car chacun sait que depuis que les chaussures et les skis se sont perfectionnés, on ne se casse plus de tibias mais on se fait uniquement d'atroces entorses du genoux.

Je suis donc passée de la blessée souffrant mille morts que l'on regardait en coin à la demoiselle sympathique à qui l'on parle. Curieusement, il semblerait que lorsque l'on se casse une jambe en faisant de ski, ce soit moins grave, voire beaucoup plus amusant que dans d'autres circonstances. Tomber dans la neige, la cheville tordue à quatre-vingt dix degrés, le tibia et le péroné brisés, devient une expérience rigolote et amusante, voire osons-le dire carrément "fun".

Comme je ne fais pas de sport et que je n'ai surtout pas envie qu'on imagine que je suis allée jusqu'à payer un de ces stupides séjours au ski pour me briser la jambe, je réagis négativement à cet excès de familiarité.

C'est ainsi qu'assise en terrasse, alors qu'une jeune mère de famille me demandait en souriant de toutes ses jolies dents si "c'était un souvenir du ski", j'ai répondu en la fixant tristement que "non, qu'il s'agissait d'un terrible accident de voiture dont je me remettais très doucement, ne sachant pas encore si j'allais récupérer". Je n'étais plus "fun" du tout. La belle s'est excusée en rougissant et m'a laissée en paix.

Qu'on me laisse à mon statut de grande blessée que j'affectionne. Ce n'est pas la peine de casser une jambe si c'est pour attirer la sympathie stupide des gens. Je préfère ces regards lointains chargés de compassion. Je dois être totalement hystérique à me mettre ainsi toujours ainsi en scène. A moins que je ne sois trop imaginative. C'est mon côté Dame aux camélias.

Et puis, ceux qui me connaissent savent que je ne serais jamais été skier. A la rigueur, une semaine à Gstaad à sortir et faire les magasins, je ne dis pas. Mais se lever tôt pour rentabiliser un forfait, noyée parmi des gens habillés de couleurs vives et vulgaires, quelle horreur !

Soixante-dixième message !


Je rentre d'une escapade campagnarde et je n'en reviens toujours pas. Non, il ne s'agit pas de la campagne qui est toujours aussi ennuyeuse qu'à l'accoutumée. Bien qu'à la vérité je ne m'y ennuie pas, parce que je ne m'ennuie jamais. Un peu à manger et à boire, un coin pour m'affaler et un livre et je ne bouge pas. Je suis un véritable petit animal de compagnie.

Ce dont je ne reviens toujours pas, ce sont mes chiffres de connections. La dernière fois que je m'étais amusée à regarder, j'étais à 50/70 visiteurs par jour, ce qui n'est pas si mal. Enfin, cela ne change pas ma vie puisque cela ne me ramène rien qu'un peu de contentement de moi.

Rentrant chez moi et reconnectant mon fidèle Mac Book, je me rue sur mon cher blog, mon petit journal intime. Et là, ahurie je constate que j'ai eu 639 visiteurs samedi et qu'aujourd'hui, bien que la journée ne soit pas terminée, j'en suis à 340 visites.

Je ne pense pas que mon dernier message y soit pour quelque chose. Je suppose que ce n'est pas la présence d'une paire de fesses qui ait fait venir tant de visiteurs. A notre époque, on peut trouver plus sulfureux que ma sage image.

A ce propos, puisque j'en suis à parler de paire de fesses, il me faut répondre à Tom qui m'a laissé le commentaire suivant :

"A la lecture de votre blog, je vous imaginais dans un appartement aux couleurs chaleureuses et aux rideaux épais. A moins que la paire de jambes qui illustre votre article ne soit pas à vous? Dans le cas contraire, vous seriez une maman qui ne ferait pas regretter la putain, avec tout le respect que je vous dois. J'espère que vous saurez y voir un compliment."

Je rassure Tom en lui disant que je vis dans un appartement hausmannien plein de moulures et surchargé de bibelots. Comme je couds très bien, j'ai réalisé moi-même mes double rideaux dans un lourd tissu d'ameublement. J'ai acheté ce tissu au marché Saint-Pierre. Voilà, il sait tout ou presque. Il pourra en déduire que la paire de jambes et de fesses illustrant cet article ne m'appartiennent pas.

A ce titre, indépendamment de l'ameublement il aurait pu constater que des fesses aussi rebondies ne pouvait pas être miennes. Etant pour moitié d'ascendance celte et pour l'autre moitié saxonne, notre lignée n'a pas produit de croupes aussi callipyges.

Aussi, même si je ne connais pas la demoiselle en photo, je serais tentée d'imaginer qu'elle est métisse ou sud-américaine. Et puis, il me semble avoir déjà dit que j'étais petite et menue. Si l'illustration ne permet pas de se rendre compte de la taille de la demoiselle, personnellement je ne la trouve pas menue.

De plus si les rideaux n'ont pas échappés à Tom, il semblerait qu'il ait oublié que je sois propriétaire d'un Mac Book dont je suis satisfaite, et non d'un PC de bureau. Et puis, vous constaterez que la demoiselle n'a pas de jambe dans le plâtre alors que moi oui.

Enfin pour clore ce passionnant débat, si je ne m'oppose pas à montrer mes pieds charmants, je n'irai pas jusqu'à prendre une pose aussi aguicheuse. Et si je le faisais - car sait-on de quoi l'on est capable - je ne crois pas que je publierai cette photo sur mon blog.

Mais que l'on se rassure, si je n'ai rien contre les photos pour lesquelles je peux prendre la pose et même sourire complaisamment, je crois que mes interdits l'emporteront toujours. Ce blog ne sera donc jamais sulfureux. Je ne peux me départir de ce côté maman dont je parlais précédemment.

Puisque j'en suis à répondre aux commentaires, je me dois aussi de répondre à Adalbert qui m'explique à propos des rapports hommes/femmes et de la discrétion de ces dernières, que :

"Généralisation hâtive, Anna. Chez les lépidoptères la femelle est souvent la plus grande et la plus ornée ! Et en y réfléchissant, chez les coléoptères aussi."

Singulier commentaire que celui-ci. Tandis que je parle des rapports entre hommes et femmes en extrapolant peut-être abusivement vers l'ensemble des mammifères, voici qu'un lecteur me parle des insectes et notamment des papillons. J'attends donc qu'un autre original aborde le cas épineux des paramécies qui, si je me souviens bien de mes lointains cours de biologie, se reproduisent par mitose. D'ailleurs, j'en suis sûre puisque je viens de vérifier sur Google.

Mais revenons à nos moutons qui risquent de s'égarer. Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai réalisé autant de visites sur mon modeste blog. Et je ne le saurai sans doute jamais. N'étant pas la moitié d'une sotte, ni même le quart ou le dixième, j'en déduis que mon blog a du bénéficier d'un lien ou sans doute simplement d'une citation sur un site important. Lequel, je ne le saurai jamais.

A moins que je ne me trompe. Les gens ayant l'habitude d'utiliser Google, il est aussi fort possible que mon site contiennent certains mots souvent demandés. Je viens de me relire et je constate d'ailleurs avec effroi que dans ce simple message, je parle de fesses rebondies et de croupes callipyges. Ce blog sera ma perdition.

Mais en revanche, je suis rassurée sur l'évolution du nombre de mes connections. J'ai placé les mots nécessaires.

jeudi 28 février 2008

Soixante-neuvième message !


Voici le soixante-neuvième message qui n'a toujours pas de titre. Un de mes charmants lecteurs, remarquant la symbolique de ce nombre, m'avait proposé de rédiger un texte érotique. Ce que je vais m'empresser de faire.

Mais non, vous n'y pensez pas ! Après avoir été jugée girly, il suffirait que je m'aventure à rédiger des textes sulfureux pour qu'une mauvaise réputation soit définitivement établie. Si des blogs comme celui-ci ou encore celui-là, peuvent parfois proposer des images de demoiselles nues sans en souffrir, cela ne m'est pas permis.

Quoiqu'en disent les médias, la révolution sexuelle n'est pas totalement accomplie. Du moins, cette révolution ne concerne que les apparences. Il me semble qu'à un niveau peut-être biologique, si les mâles de l'espèce peuvent démontrer leur puissance sexuelle en affichant impunément leurs goûts, les femelles soient tenues de rester réservées.

C'est un peu comme dans la nature. Seuls les mâles sont parés de belles couleurs ou d'ornements durant la parade amoureuse, tandis que les femelles restent discrètes. Etant une femelle de l'espèce humaine, je n'ai donc pas le choix. Réservée je suis, réservée je resterai. Je n'écrirai donc aucun texte érotique sur ce blog.

Et puis, j'ai mes raisons qui sont bien prosaïques. En effet, on explique que les hommes sont confrontés au choix difficile entre "la maman et la putain". Et même si les plus intelligents et sérieux osent tout de même afficher des images de "femmes légères", les "femmes-comme-il-faut" savent qu'en définitive ils finiront par épouser une maman. Ces images de "femmes légères" sont simplement là pour rappeler à leur lectorat masculin que sous des dehors intellectuels ils n'en restent pas moins des hommes, des vrais, avec des goûts d'hommes ! On se rassure comme l'on peut.

C'est sans doute un des grands problèmes dans les couples. Une maman aura toujours du mal à jouer la parfaite putain, tandis que cette dernière ne fera pas forcément une épouse fidèle. Certaines un peu plus douées parviennent cependant à naviguer entre ces deux pôles extrêmes. Elles finissent par épouser des présidents de la république.

Partagés entre le feu qui leur brûle l'entre-cuisse et une rationalité solidement installée dans le cerveau, ces chers hommes devront faire un choix. N'est président de la république qui veut. Ils finiront par épouser une maman en rêvant avec nostalgie aux putains.

De toute manière, l'âge et la maturité venus, tout homme sensé se lasse des putains. Il se met à rêver d'enfants qui seront bien de lui, de bons petits plats, et de charentaises parce qu'il y a un pépère qui sommeille en chaque homme. Renonçant à une compétition sexuelle qu'il laisse aux plus jeunes, il choisira alors la maman.

Produit traditionnel de l'enseignement catholique et digne héritière des valeurs de mon milieu, il est certain que je suis une maman. C'est finalement un avantage. Il était donc hors de question que je rédige un texte érotique.

Le 69, ne sera donc pas érotique. Rien que l'idée suffit à me faire rougir. Je ne félicite pas le goujat qui a osé me laisser un tel commentaire ! Je vais sortir un peu pour me changer les idées.

mardi 26 février 2008

Soixante-huitième message !


Largement plébiscitée par quelques lecteurs, je garderai pour le moment cette simple numérotation de mes messages. Les titres viendront ultérieurement. Parce que j'ai très envie de mettre des titres. C'est même un désir brûlant que de mettre des titres.

Le temps doux mais maussade me contraint à rester chez moi. J'aurais pu sortir mais je n'en ai pas eu envie. Il pleut et j'ai besoin de mes mains pour mes jolies béquilles. Dans l'impossibilité de tenir un parapluie, il me restait la capuche. Mais je n'aime pas les capuches, je trouve qu'on a l'air idiot avec cela sur la tête.

Ma femme de ménage a fait les courses et je n'ai rien à acheter. Je tourne en rond chez moi, ce qui veut dire que dans les faits je suis assise sur mon canapé, la jambe plâtrée allongée et que je lis mollement un livre que je n'arrive pas à finir. Moi qui ne lis jamais la presse, un peu désœuvrée je décide de lire les blogs que j'affectionne. Cela faisait un certain temps que je ne l'avais pas fait. Mon fidèle Mac Book ouvre sa petite fenêtre sur le monde et me permet de sortir sans me mouiller.

Je suis flattée d'être citée par le rédacteur des Enfants de la zone grise. J'aime beaucoup la délectation morose de jeune homme que l'on croirait revenu de tout. A le lire, il n'y a plus d'espoir. Il faut simplement attendre, non pas une chute extraordinaire du pays mais un simple pourrissement qui ne produira rien. A l'instar de mouches se posant sur un organisme corrompu par mille et une petites bactéries nécrophages, nous vivrions sur un cadavre. Ainsi, les rebondissements politiques actuels ne seraient dus qu'au travail des gaz de putréfaction.

Je me demande ce qu'a fait ou vécu ce jeune réacteur pour être ainsi désabusé. J'imagine que tous les idéalistes un peu immatures sombrent tôt ou tard dans ce pessimisme stirnerien. La vérité n'était pas aussi belle que l'idée qu'ils adoraient. Véritables ou mentales, il ne faut jamais adorer d'images : elles sont trompeuses et ne sont que l'une représentation du monde.

Il y a du Céline chez ce rédacteur. Mais tandis que Céline tend à se venger du réel qui l'a trompé, alors qu'il s'est trompé tout seul, notre cher rédacteur est mis KO debout. Il s'écroule net et jure qu'on ne l'y reprendra pas. On le sent tellement esthète dans ses propos qu'effectivement, le combat ne semble pas fait pour lui.

Quoique j'en dise, j'adore son blog pour son style inimitable. Tandis que tous les autres éructent, s'énervent, montrent qu'ils voudraient en découdre, lui n'y croit plus. C'est assez plaisant à lire. Pas de rodomontades stupides, de manifestation de testostérone, notre ami aligne juste des réflexions d'un Droopy contemplatif.

Par contre, même si je suis honorée d'avoir été citée par ce rédacteur de talent, je voudrais atténuer ses propos. En effet, il me cite comme étant"une fille bien comme il faut qui écrit un blog girly". Si je ne puis nier que je sois "bien comme il faut", encore que je sois plus une "jeune femme" qu'une "jeune fille", je désapprouve totalement le terme "girly".

Certes présentée comme une girl on me rétorquera que mon blog ne peut-être que girly. Toutefois, bien que n'ayant pas trouvé de définition cohérente et satisfaisante du terme "girly", ce que j'en pressens ne me plait guère.

Pour moi, est "girly" ce qui s'apparente aux "filles". C'est une évidence. Mais je crois distinguer dans ce terme "girly" des relents de vieilles petites filles hystériques mièvres et minaudantes. Des sortes de précieuses ridicules que chaque époque produit.

Je ne suis donc pas du tout girly. Certes, je peux jouer les "nunuches" et ne m'en prive guère. Je peux même feindre la naïveté. C'est même parfois amusant. De là être girly, il y a un pas, que dis-je un gouffre immense que je ne franchirai pas. Partagée entre des occupations typiquement féminines (sacs à mains, chaussures, vernis, parfums, vêtements, etc.) et des passions hautement intellectuelles, il me semble que je puisse jouer aussi bien dans les aigüs que dans les graves ou les médiums.

Donc n'en déplaise à notre ami qui se dit "National-Anarchiste", non je ne suis pas girly et mon blog n'est pas non plus girly. Le jour où je vous expliquerai comment séduire un mec, lui prendre tout son argent et le plaquer en dix leçons, je serai véritablement girly. De même, si dans un proche avenir, je tentais d'expliquer à mes lectrices comment porter une minijupe de manière ultrasexy en préservant la bienséance, je deviendrais girly. Si un jour je vous raconte que j'ai hurlé de joie en voyant la collection croisière de tel ou tel couturier, je serai sans doute girly. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore eu l'ambition de rédiger des articles sur ces sujets.

Il me semble que le style girly est issu d'une alliance entre fausse candeur et racolage outrancier prenant la forme d'un comportement de séduction inadapté, persistant et pénible. Je n'ai rien de cela. Est une girly celle qui s'étonne de ce qui ne devrait pourtant pas étonner. La girly s'enthousiasme d'un rien tandis que ceux qui me connaissent me jugent même extrêmement réservée. Je ne pense donc pas être girly n'en déplaise à mon nouveau lecteur.

Ceci dit ses jugements semblent souvent éronnés. Ainsi, il imagine lui-même passer pour le "salaud de ces dames" et c'est encore raté. Son côté bougon revenu de tout, ses plaintes de grand blessé de la vie et son air triste de cocker neurasthénique sont bien trop mignons pour ne pas le rendre attachant et plutôt amusant. Sa manière de se plaindre sans cesse et de s'abandonner aux coups du sort sont finalement tellement girly que c'est attendrissant.

A défaut d'être girly, il doit y avoir une infirmière qui sommeille en moi. D'ailleurs peut-être que je préfère les hommes un peu girly que ceux possédant trop de mâle assurance.

dimanche 24 février 2008

Soixante-septième message !


J'avais dans l'idée de poursuivre mes divagations économiques mais je ne suis pas satisfaite du message. Je l'ai donc enregistré en brouillon et le publierai prochainement. Vous n'aurez donc le droit qu'à un message sans intérêt. Ainsi pas d'illustration murement réfléchie ; je reviens à mes premières amours.

Et puis il a fait si doux qu'une photo de sandales est d'actualité. D'ailleurs, j'ai préféré sortir que de rester coincée devant le PC. J'avais pourtant publié les deux messages précédent et j'étais lancée. Et sans savoir pourquoi je sentais que je déraillais, je n'étais pas satisfaite de moi. J'ai donc abandonné le message en cours.

Il y a une différence entre "Nunuche au pays des sciences économiques" et une conversation de "café du commerce". Je veux rester exigeante dans ma naïveté même si je pressens que mes textes précédents sont de la même veine que le "Monde de Sophie".

Enfin, si je pouvais en faisant éditer mes textes gagner autant d'argent que Jostein Gaarder, je ne serais pas mécontente. Dans le même registre un peu mièvre et tiède, ce brave Paulo Coelho ne s'en est pas mal sorti non plus.

J'imagine déjà le fil conducteur de l'ouvrage que j'ai en tête. Une sorte de discussion entre Laure, libertarienne confirmée, et une nunuche assumée, moi ! Je pourrais très bien jouer le rôle de la jeune shampouineuse un peu candide. Je ponctuerais chacune de ses réponses solidement argumentées d'un "Oh la la, Madame Laure, qu'est-ce que vous en savez des choses !". On m'imaginerait écarquillant tout grand mes yeux, ébahie de tant de connaissances !

Après la collection à succès "Pour les nuls", j'imagine déjà une collection "Pour les nunuches". On pourrait aborder tous les domaines de connaissance, économie, réparations, couture, cuisine, etc. Je pourrais même poser pour les couverture avec un joli chemisier blanc à col claudine ! A moins que je ne préfère une jolie rorobe à smocks et manches ballons.

C'est vrai qu'on n'en voit plus beaucoup de ces robes. Je les remettrais au goût du jour. Puis, je troquerais mes lentilles de myope contre une jolie paires de lunettes à montures de la sécurité sociale, et je deviendrais l'emblème de toutes celles que la nature n'a pas gâtées mais qui tentent de faire de leur mieux pour s'adapter ; l'icône peu glamour des laissées pour compte !

En attendant, plutôt que de me rêver directrice d'une collection à succès, je vais tenter de réécrire ce qui aurait du être mon "Soixante-septième message". Pour le moment, il est enregistré sous le titre "Soixante-septième message (projet). Ce sera donc mon soixante-huitième message.

Plus que deux textes et l'échéance viendra à terme. Devrai-je continuer à les numéroter ainsi ou leur donner un titre explicite à mes messages ? Je n'ai toujours pas décidé ! Et pourtant je ne cesse d'y penser. Moi aussi vous voyez, j'ai des soucis !

Soixante-sixième message !


Non, toujours pas de titre aguicheur mais une simple numérotation, je n'ai rien changé ! Ce d'autant plus que je tenais absolument à continuer sur ma lancée. Quand nunuche se pique d'économie, elle n'y va pas avec le dos de la cuiller, elle réfléchit et écrit. Et elle se moque bien de ce qu'en diront les gens.


Le net sert à cela, à mettre en contact des gens qui ne se seraient jamais rencontrés par ailleurs. Et si mes connaissances en latin et grec anciens ne passionneront jamais les foules, du moins puis-je moi me passionner pour des connaissances que je n'ai pas acquises, et notamment l'économie.

J'ai beau vivre dans les livres, je sors et j'ai une vie sociale. Je constate donc que les choses ne vont pas bien et je me demande comment les modifier. Et puis, après des années de traduction, j'ai l'obsession de la vérité. La traduction est un art qui consiste à ne jamais trahir son auteur. Il faut connaitre sa vie, son oeuvre, le siècle dans lequel il vécut.

Ce qui veut dire qu'il faut connaître la civilisation qui le vit naitre afin de savoir quelles idées dominaient son temps. Ce travail de traduction que je fis, même s'il ne me donne aucune autorité en matière économique m'a rendu exigeante.

A ce stade de mon cheminement au pays du libéralisme, je suis persuadée d'avoir raison autant que Laure, mon mentor, a raison elle aussi. Sans doute avons nous des approches différentes. Je mets plus de poids sur les contraintes morales de la société.

Pour moi, l'agent économique a peu de poids, je ne connais que des êtres humains avec leurs passions, leurs défauts mais aussi leurs qualités. Ainsi dans mon message précédent, j'ai pu insister sur ce qui se passait à la marge du modèle économique libéral. De toute manière je préviens que les lignes qui suivent sont écrites rapidement à l'aune d'une réflexion n'ayant pas dépasse la demie-heure. On voudra donc bien m'excuser les raccourcis que je prends.

Tout en haut, chez les plus riches diront nous, figure une espèce nuisible appelée les prédateurs qui confondent enrichissement et avidité. L'esprit d'entreprise que je respecte et admire n'a pour moi aucun lien avec le désir d'enrichissement. L'enrichissement, c'est la cerise sur le gâteau de celui qui a décidé qu'il avait de bonne idées ou qu'il ne voulait plus subir le diktat d'un patron.

L'avide crée le règne de l'argent roi, l'ordre du profit déconnecté de la réalité et des contingences morales. L'avide dans sa forme ultime est le dealer qui se moque des conséquences de ses actes. Il flaire le filon et s'y engouffre. Si on l'interroge sur ses actes, il décrète que les gens n'ont qu'à être plus intelligents. L'avide est encensé par les idiots de droite qui confondent profits faciles et amoraux et esprit d'entreprise.

Tout en bas de ce modèle, figure un individu aussi vil que l'avide que j'appellerai l'envieux. Le lucre et l'envie sont deux péchés, j'en suis persuadée. L'envieux ne cherche pas la justice. L'envieux est aussi un prédateur mais agissant à la manière d'un parasite. Tandis que l'avide est un grand prédateur sanguinaire, l'envieux est une tique. C'est le gui qui tue l'arbre sur lequel il pousse.

L'envieux a décidé qu'il était plus simple de s'approprier le travail des autres que de produire lui-même. L'envieux a un mauvais esprit. Et je le déteste autant que l'avide. L'envieux est une cible de choix pour une gauche décomplexée qui sait flatter les plus bas instincts. Les libéraux auraient un rôle à jouer mais sans doute ne vendent-ils pas de situations clés en main flattant les bas instincts.

Le libéralisme est peut-être une sorte de dandysme économique nécessitant un engagement personnel et une morale plus élevée que les autres courants économiques ? Dans le libéralisme, il semblerait que l'on ne cherche pas à invoquer la faute des autres, mais simplement à mobiliser sa responsabilité personnelle. Vaste programme finalement bien plus moral qu'économique.

Coincé entre les avides et les envieux prêts à tout pour assouvir leurs vices, les libéraux sont mal partis. La vérité n'est jamais bien accueillie. Au stade où en sont mes réflexions d'apprentie économiste, voilà ce que je ressens exactement. Pour moi, l'ultime ressort reste la morale.

Je ne sais pas si mon message est structuré et compréhensible ou pas. Sans doute paraitrai-je bien candide. Mais vous étiez prévenus !

Soixante-cinquième message !


Avez-vous vu ? Je n'ai toujours pas tranché aussi devrez-vous vous contenter d'un "soixante-cinquième message". Nul titre plus avenant ne vous permettra d'imaginer ce dont je vais vous entretenir.

De toute manière, si vous avez lu mon message précédent, vous le savez déjà. Moi, oie blanche ne connaissant rien à l'économie, bourrée de préjugés et de ce que je croyais être du bon sens, je me suis aventurée depuis quelques jours sur les terres de cette discipline aride.

Tout ceci est arrivé parce que je me suis posé la question de savoir si j'étais véritablement libérale au sens économique ou si j'employais simplement ce terme pour clamer mon exaspération du manque de liberté qui gangrène notre beau pays.

On pourra me reprocher mon inculture crasse et se moquer de moi. Il n'empêche que personne ne mettra en doute ma sincérité et ma volonté d'apprendre. Si la modestie n'était pas ma vertu première, je pourrais vous jeter à la face mes connaissances encyclopédiques dans bien des domaines. Cependant, je clame haut et fort l'indigence de mes connaissances économiques et je n'en ai pas honte.

Plutôt que de feindre de connaître, je m'en remets à des lecteurs plus avisés qui ne manquent pas de m'apporter la contradiction de manière sympathique. J'ai trop pesté contre ces abrutis pour qui les idées remplacent la connaissance. Et non, la bonne volonté et les idées, ne permettent jamais de faire l'économie de l'érudition et de la réflexion.

Ce n'est pas à mon âge vénérable que je vais me transformer en pasionaria à keffieh pour hurler des slogans vides de sens. L'imprécation n'est pas le style de communication que je préfère. Je lance juste des idées, des réflexions, parce qu'elles me semblent intéressantes et j'attends qu'on m'oppose des arguments intelligents.

Bien sûr, je ne demande pas forcément à changer car comme tout un chacun, je suis fière de mes idées. Mais ma fierté cèdera toujours le pas sur ce que j'estime être la vérité. Maintenant, je vous laisse le bon soin de définir ce qu'est la vérité. Je n'ai aucune envie de me lancer dans un tel débat.

Tout ce que je sais, est que comme Pascal disait : "La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si établi, qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître". Alors à défaut de trouver la vérité éclatante, ma promenade au pays de l'économie me permettra-elle peut-être de m'éloigner du mensonge établi présenté comme une vérité.

A ce titre, j'ai vivement apprécié les deux longs commentaires que m'ont laissés Laure et El Gringo lors de la publication de mon "soixante-deuxième message". Je constate qu'ils m'ont lue patiemment et qu'ils ont eu la même patience pour me répondre. Tandis que la première prend le temps de me faire un véritable cours d'économie, le second illustre son désaccord en me parlant de sa vie.

Alors dans un des liens que me propose Laure, je lis : "Comme le dit Frédéric Bastiat, justifiant la moralité de la richesse : "le profit de l'un est le profit de l'autre". On pourrait appeler cela le "paradoxe du riche" : le riche, s'il veut le rester, est obligé de mettre son argent dans le circuit économique, par la dépense ou l'épargne, au bénéfice du reste de la société. Quand on le contraint par la force à le faire (impôt), cela diminue d'autant le volume de cet argent "utile", détourné par la pègre étatique".

Je suis entièrement d'accord avec monsieur Bastiat. Toutefois, j'apporterai deux remarques. D'une part, l'impôt est nécessaire puisque l'état doit faire face à ses prérogatives régaliennes. Prosaïque comme je sais l'être parfois, pour moi l'état devrait être comme mon syndic de copropriété et n'avoir aucune autre prérogatives que l'administration des "biens communs". Mais je pense que là, je rêve un peu. Il y a la politique internationale, les groupes de pression, etc., dont que le citoyen est tôt ou tard pris en ôtage. Trop de personnes ont intérêt à étendre l'influence de l'état pour que ce dernier se cantonne à une saine administration.

Au-delà de ses simples prérogatives, il me semble aussi que l'état ou toute collectivité territoriale a aussi pour mission de huiler les rouages en achetant la paix sociale. Certes, je ne puis qu'être d'accord avec Laure, lorsqu'elle me dit : "Les gens sont souvent focalisés sur les différences de revenu et de richesse, alors que l'important c'est que le niveau de vie augmente et qu'il y ait moins de pauvres, peu importe les différences de revenus ou les "nouveaux riches" que cela suscite".

Le problème qui s'ensuit est que même lorsque tout le monde s'enrichit, la plupart des gens ne sont focalisés que sur les disparités de revenus. La pauvreté en France ferait sourire les indigents de Calcutta, c'est évident. Il n'empêche que pour certains, rouler en Twingo alors que d'autres ont une Ferrari est une injure.

C'est bien pour cela que l'état se doit de huiler les rouages sociaux en sortant de ses strictes prérogatives régaliennes. Confronté aux vilains défauts que sont l'envie et la jalousie, il se doit à défaut de pouvoir les combattre, en réduire la portée. Il faut donc saupoudrer toute politique publique de petits gadgets destinés à prouver aux possesseurs de Twingo que sur ceux qui roulent en Ferrari, pèsent d'autres contraintes.

Cela réduit l'aigreur et la jalousie. Et hop, quelques crèches et maisons de la culture, et le tour est joué, le bon peuple est satisfait. "Panem et circenses" disaient les romains et ils n'avaient pas tort.

A la lecture de ce que m'explique Laure, je ne puis qu'être de son avis et clamer mon libéralisme. Toutefois, ce mot ne prendra sens que lorsque le niveau moral d'une population augmentera autant que la richesse produite. Je pense d'ailleurs que la gauche n'a aujourd'hui rien de moral mais ne fait, la plupart du temps, qu'attiser les plus vilaines passions que sont l'envie et la jalousie.

Peut-être que les libéraux, trop englués dans la science économique ont oublié d'imposer un volet philosophique à leurs théories. L'affectif est un vecteur toujours plus profitable pour imposer ses idées que les grandes théories. Si comme me le dit Laure, le libéral a le souci d'autrui, je trouve qu'il ne se méfie pas assez des jaloux. Je le trouve parfois candide mon ami libéral.

Je terminerai ce message très long en mettant un second bémol. Bastiat dans sa sagesse reste limité par la réalité de son époque. Ainsi lorsqu'il explique : "le riche, s'il veut le rester, est obligé de mettre son argent dans le circuit économique, par la dépense ou l'épargne, au bénéfice du reste de la société", je suis d'accord.

Mais la demoiselle inexperte en économie réfléchit tout de même. Comme elle adore lire, elle lit tout ce qui tombe entre ses mains, et même les brochures réalisées par les grandes surfaces. Et là, elle constate que la plupart des produits dans lesquels le riche pourrait investir ne sont pas fabriqués en France. D'ailleurs, le pauvre n'échappe pas à ceci puisqu'il ira dépenser son SMIC ou son RMI dans des produits fabriqués ailleurs aussi (électronique, etc.).

J'aurais le même raisonnement concernant l'épargne. Tant que cette épargne profite aux affaires, quelle bonne chose. Toutefois, la nunuche que je suis, se demande si de nos jours cette épargne n'est pas investie dans des "produits" qui n'ont pas suffisamment de liens avec l'économie.

Entre les produits dérivés de produits dérivés concoctés par nos sympathiques ingénieurs de l'X et les fonds de pension, mon sentiment est que la spéculation sauvage a pris le pas sur l'épargne et l'investissement classiques. Toute cette spéculation me semble bien loin des réalités économiques, un peu comme si je décidais de placer mes maigres économies en investissant à Atlantic City. Certes, quand cela paye, la roulette est plus favorable que le livret A mais serait-ce raisonnable ?

Dès lors, tout ceci n'est-il pas contre-productif et dévoreur de valeur ajoutée ? Vous aurez noté que je viens d'employer le terme de "valeur ajoutée" ce qui vous prouvera que l'on peut avoir fait "lettres" et se tenir au courant. J'ai des yeux pour voir et ce que je constate, c'est que si le niveau de vie du chinois de Shanghai augmente, le nôtre régresse. Encore une fois, à moins que je ne confonde libéralisme et mondialisation, je ne vois pas d'effets très bénéfiques pour le moment.

A l'aune de ce que m'explique Laure, je me sens en adéquation avec ses idées. Toutefois, j'ai toujours en tête les paramètres "moraux" de l'économie. Si je reste une fervente admiratrice du capitalisme entrepreneurial illustré par les grandes figures connues tels que Ford et consorts, je reste méfiante vis à vis de la financiérisation de la vie des affaires. Je trouve que ce système libéral fonctionne bien sur le papier. Toutefois, à la marge je retrouve deux engeances, en bas le jaloux préférant voler que travailler, et en haut l'avide confondant investissement et spéculation.

Et songeant aux avides, aux rapaces, à ceux qui imaginent que l'on peut gagner de l'argent sans songer à ses concitoyens, je me demande parfois si Lénine n'avait pas raison lorsqu'il déclarait à propos des capitalistes :

"Ils sont si bêtes qu'ils nous vendront la corde pour les pendre"

Soixante-quatrième message !


Je suis venue écrire parce que j'ai eu deux commentaires passionnants à propos de mon "soixante-deuxième message". Et voici qu'au lieu de continuer ma quête de la vérité économique je perds mon temps en regardant mes messages.

Ma recherche d'originalité m'a perdue. Je déteste la manière dont j'ai décidé d'ordonner mes messages.

J'avais intitulé mon premier message, simplement "premier message". J'ai aussitôt donné dans la facilité en appelant les suivants par leur numéro d'apparition.

C'était facile et original mais je n'en suis pas satisfaite. Alors que faire ? Soit je décide qu'à partir du soixante-cinquième message ou du soixante-dixième message, je donnerai des titres. Soit encore, je prends mon courage à deux mains et réattribue à chacun d'eux un titre un peu plus évocateur qu'un numéro.

Je ne sais que faire. Ne sachant pas quoi décider, je vais m'abstenir de toutes modifications. Je vais éviter de tout bouleverser et continuer sur ma lancée. C'est dommage parce que je ne suis pas satisfaite. J'ai l'impression d'écrire dans un magazine dont je n'aimerais pas la maquette.

Que faire alors ? Rien ? Ou tout changer ? Ou ne changer qu'après ? Dieu que je suis agacée. Je pourrais aussi mixer les deux. C'est à dire que je choisirais un titre très court après lequel je ferais figurer entre parenthèses le numéro du message.

Pas idiot ça, c'est ma manière de ménager la chèvre et le choux et de changer en douceur, sans vraiment changer tout en changeant. Je ne suis pas partisane des bouleversements violents. On me rétorquera que le bouleversement d'un blog n'est pas vraiment une donnée capitale dans une vie.

Pour moi si. Ayant initié ce blog en dilettante, voici que je m'y suis attachée. Sans doute que le fait d'avoir déjà un peu plus de mille lecteurs pour ce mois de février y est pour quelque chose.

Avant, lorsque je parcourais les blogs et que je constatais que leurs auteurs s'esbaudissaient de leurs chiffres de connections, je trouvais cela risible. Feignant une grande sagesse, je trouvais ces rédacteurs bien sots de s'attacher ainsi à ces chiffres qui ne voulaient pas dire grand chose. A cette époque j'aurais professé un détachement auquel je croyais fermement. C'était avant le tout petit succès d'estime dont bénéficie mon blog.

Depuis, je suis devenue comme eux ou presque. Je regarde mes statistiques de connections, le nombre de commentaires et les liens qu'on a la gentillesse de m'octroyer. C'est assez pathétique pour quelqu'un qui se jugeait au-dessus de ce type de contingences. Je ne pourrais plus jouer la princesse éthérée. Me voici devenue une boutiquière.

Mais je m'égare car tel n'était pas l'objet de ce billet. A ce propos, dois-je appeler mes écrits des messages, des posts ou encore des billets ? Le mot "post" est trop anglo-saxon, je ne veux pas renier mes études de lettres. Le terme "billet" est un peu mièvre à mon goût, cela sent le papier à lettre parfumé et l'encre violette. Alors j'en resterai à "message", c'est aussi bien. Voici un point déjà réglé.

Mais, je m'égare toujours. Revenons à nos moutons. Dois je changer les titres de mes "messages" ou dois-je laisser cette numérotation anonyme que je crois être la seule à appliquer ? C'est mon problème du jour.

Résumons-nous :

1- Dois-je laisser les titres actuels sous forme de numérotation ?
2- Dois-je donner de vrais titres plus évocateurs ?
3- Dois-je à la fois donner des titres résumant l'objet du message ainsi qu'un numéro ?

samedi 23 février 2008

Soixante-troisième message !